Royaume-Uni : prendre des photos sous les jupes des femmes devient une infraction

Le Parlement britannique a adopté un projet de loi, mercredi, qui punit de deux ans de prison le fait de prendre des photos sous les jupes des femmes. 

Le Palais de Westminster à Londres (Royaume-Uni), le 16 janvier 2019. 
Le Palais de Westminster à Londres (Royaume-Uni), le 16 janvier 2019.  (OLI SCARFF / AFP)

Le texte n'attend désormais plus que la signature de la reine Elizabeth II pour être promulgué. Le Parlement britannique a adopté un projet de loi, mercredi 16 janvier, qui punit de deux ans de prison le fait de prendre des photos sous les jupes des femmes. 

C'est le point final d'une campagne menée par Gina Martin, une femme de 27 ans, elle-même victime de cette pratique appelée "upskirting" en anglais. Son histoire remonte à 2017. Cette année-là, lors d'un festival à Londres, deux hommes avaient pris une photo sous sa jupe, avant de la partager à partir de leurs téléphones. Elle avait tenté de faire intervenir la police mais aucune poursuite n'avait pu être engagée, faute de chef d'accusation approprié. 

"On a gagné", a-t-elle écrit mercredi en lettres majuscules sur Twitter.

Initialement présenté par la députée libérale-démocrate Wera Hobhouse, le texte avait été bloqué en raison de l'opposition du député conservateur Christopher Chope. Ce dernier s'était attiré de vives critiques et la "décoration" de l'entrée de sa permanence ainsi que de son bureau au Parlement avec des culottes. Le gouvernement avait ensuite repris à son compte la proposition, qui a passé définitivement, mardi, l'étape du Parlement.

Le texte vise à punir les voyeurs qui prennent des photos sous les robes ou les jupes, un comportement qualifié d'"intrusion odieuse dans la vie privée, qui laisse les victimes en détresse", selon les mots de la secrétaire d'Etat à la Justice, Lucy Frazer. "La nouvelle loi criminalisant l'upskirting est un ajout bienvenu dans la lutte contre les agressions sexuelles basées sur l'image, mais elle devrait être le point de départ d'une législation plus large", a commenté de son côté Erika Rackley, professeure à la faculté de droit de l'université du Kent. En France, l'"upskirting" est puni par la loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, promulguée en août dernier.