Royaume-Uni : large victoire des conservateurs aux élections locales

Organisé jeudi, ce scrutin local visait à renouveler près de 5 000 conseillers dans tout le pays, à l'exception de la capitale, et les maires de plusieurs métropoles.

Des bulletins de vote à Manchester (Royaume-Uni) pour les élections locales, vendredi 5 mai 2017.
Des bulletins de vote à Manchester (Royaume-Uni) pour les élections locales, vendredi 5 mai 2017. (OLI SCARFF / AFP)

Les conservateurs ont remporté, vendredi 5 mai, une large victoire aux élections locales britanniques, de bon augure pour la Première ministre Theresa May en vue des législatives du 8 juin dont elle espère sortir renforcée pour négocier le Brexit.

Organisé jeudi, ce scrutin local visait à renouveler près de 5 000 conseillers dans tout le pays, à l'exception notable de la capitale, et les maires de plusieurs métropoles. Les Tories remportent 28 des 88 conseils qui étaient à renouveler à travers le pays, obtenant 1 900 sièges, soit un gain de 558 par rapport aux précédentes élections, selon des résultats publiés par l'agence PA en fin d'après-midi."C'est encourageant", avait déclaré un peu plus tôt Theresa May.

Un revers pour le Labour

Le Labour, principal parti d'opposition, essuie en revanche un revers de taille, avec une perte de 320 sièges et seulement 9 conseils remportés, un score qui risque de mettre encore plus sous pression son leader Jeremy Corbyn, déjà décrié.

Ce dernier a reconnu que son parti avait perdu "trop" de conseillers, et appelé ses troupes à la mobilisation alors que les sondages pour les législatives placent les travaillistes 20 points derrière les conservateurs. Le Labour pourra se consoler avec l'élection de Steve Rotheram à la mairie de Liverpool et d'Andy Burnham à celle de Manchester, deux fonctions nouvellement créées.

Effondrement de l'Ukip

Les Tories profitent aussi de l'effondrement du parti europhobe Ukip (-114 sièges), "victime de son propre succès", selon son leader Paul Nuttall. "Si le prix à payer de voir le Royaume-Uni quitter l'UE est une avance des conservateurs qui se sont saisis de cette cause patriotique, alors c'est un prix que l'Ukip est prêt à payer", a-t-il réagi.

Les résultats sont aussi difficiles pour les Libéraux-démocrates, qui cherchent à renaître politiquement et s'affirmer en alternative crédible au Labour en incarnant la résistance à un Brexit "dur". Mais la ligne tarde à convaincre : les "Lib-Dem" perdent 37 sièges. Leur leader Tim Farron s'est néanmoins dit "déterminé" à empêcher le "couronnement auquel Theresa May s'attend" lors des législatives.

En Ecosse, le parti indépendantiste SNP de la Première ministre Nicola Sturgeon, qui veut faire progresser l'idée d'un nouveau référendum d'indépendance, arrive en tête en nombre de sièges, mais la forte progression des conservateurs sonne comme un avertissement avant le scrutin législatif.