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Syrie : la pression s'accentue sur Al-Assad, accusé de "crimes contre l'humanité"

Alors que le rapport de l'ONU est attendu lundi, les Etats-Unis donnent deux semaines aux négociations russo-américaines sur les armes chimiques pour aboutir. 

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Le président américain Barack Obama dans un discours à la Nation depuis la Maison Blanche à Washington, le 10 septembre 2013.  ( REUTERS)

Alors que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon accuse Bachar Al-Assad de "crimes contre l'humanité", la communauté internationale ne relâche pas la pression sur Damas. Même si les premières discussions américano-russes à Genève ont été jugées "bonnes et constructives" par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, vendredi 13 septembre, les Etats-Unis n'écartent toujours pas leur menace d'une action militaire unilatérale contre la Syrie.  

Le rapport de l'ONU, remis lundi, s'annonce "accablant" pour Damas 

"Je pense que le rapport sera un rapport accablant, accablant sur l'utilisation d'armes chimiques, même si je ne peux pas dire cela publiquement avant de l'avoir reçu." C'est ce qu'a déclaré le secrétaire générale de l'ONU Ban Ki-moon vendredi, accusant Bachar Al-Assad d'avoir "commis de nombreux crimes contre l'humanité". Si les inspecteurs des Nations unies n'ont pas pour mission de dire qui est derrière l'attaque chimique du 21 août près de Damas, les conclusions de ce rapport s'annoncent sévères pour le régime syrien.

L'ONU a par ailleurs appelé à une trêve pour secourir et évacuer plus de 500 000 personnes "prises au piège" des combats dans les environs de Damas. Ces civils manquent d'eau, de vivres et de médicaments. 

Les Etats-Unis donnent deux semaines aux négocations pour aboutir

Washington souffle le chaud et le froid sur les négociations diplomatiques en cours pour le démantèlement des armes chimiques syriennes. De hauts responsables de l'administration du président américain estiment qu'ils sauront d'ici à deux semaines si les discussions en cours avec les Russes ont des chances d'aboutir. De son côté, Barack Obama a répété vendredi que tout accord sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien devait être "vérifiable et contraignant"

Parallèlement, les chefs de la diplomatie américaine et russe ont exprimé vendredi l'espoir qu'une avancée sur les armes chimiques de la Syrie favorise la tenue d'une conférence de paix. John Kerry a précisé avoir convenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov d'une nouvelle réunion "à New York autour du 28 septembre", en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, pour essayer de fixer une date pour une conférence de paix sur la Syrie.

La France insiste sur la nécessité d'une résolution au Conseil de sécurité

Paris, allié depuis le début de Washington dans ce dossier, ne relâche pas non plus la pression sur le régime de Bachar Al-Assad. François Hollande, qui recevait les chefs des diplomaties saoudienne, jordanienne et des Emirats arabes unis vendredi, a appelé à "renforcer le soutien international à l'opposition démocratique" en Syrie. Le ministère des Affaires étrangères français a de son côté fait savoir que l'adhésion annoncée par la Syrie à la Convention d'interdiction des armes chimiques était "insuffisante" et insisté sur la nécessité d'un texte "contraignant" au Conseil de sécurité de l'ONU. Les chefs de la diplomatie français, britannique et américain, Laurent Fabius, William Hague et John Kerry auront un déjeuner lundi à Paris pour discuter de ce projet de résolution.

A la Maison Blanche, on reconnaît toutefois que Moscou n'acceptera pas une résolution du Conseil de sécurité contenant une menace de recours à la force contre la Syrie en cas de non respect de ses engagements sur les armes chimique. La possibilité d'inclure dans le texte d'autres moyens de pression, comme des sanctions, est évoquée. 

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