Lâché par ses amis, Bachar Al-Assad s'en prend aux étrangers

Recep Erdoğan, Premier ministre turc, s'en est violemment pris au président syrien Bachar Al-Assad. Sur le terrain, les violences continuent de viser la population et touchent désormais les étrangers.

Bachar Al-Assad, le président syrien, le 17 août 2011, à Damas (Syrie).
Bachar Al-Assad, le président syrien, le 17 août 2011, à Damas (Syrie). (SANA / AFP)

Il y a peu de temps encore, Recep Tayyip Erdoğan, le chef du gouvernement  turc, considérait Bachar Al-Assad, le président syrien, comme un ami personnel. S'il continue à le tutoyer, c'est désormais pour exiger son départ, à la suite du mouvement de contestation violemment réprimé par les forces de l'ordre en Syrie.

Mardi 22 novembre, au Parlement à Ankara, le Premier ministre turc s'est adressé directement au leader syrien : "Pour le salut de ton peuple, de ton pays et de la région, quitte désormais le pouvoir".

"Regarde Hitler, Mussolini ou Ceaucescu"

Dimanche 20 novembre, Bachar Al-Assad avait déclaré être prêt à combattre et à mourir en cas d'intervention étrangère, comme le rappelle RFI. Recep Erdogan l'a directement interpellé sur le sujet : "Combattre jusqu'à la mort contre son propre peuple ne relève pas de l'héroïsme mais de la lâcheté. Si tu veux voir quelqu'un qui a lutté à mort contre sa propre population, regarde l'Allemagne nazie, Hitler, Mussolini ou la Roumanie de Ceausescu."

De plus en plus isolé diplomatiquement, le régime syrien est menacé par des sanctions économiques et politiques à l'initiative de la Ligue arabe. Mais Damas ne veut pas rompre et compte sur d'autres alliés : "Si la Russie est notre bouclier politique, l'Irak, le Liban et l'Iran sont notre oxygène économique", affirme un responsable syrien.

Les étrangers menacés

La pression diplomatique n'empêche pas les forces de l'ordre de continuer à réprimer la population, notamment près de Homs (centre de la Syrie). Mardi, des chars ont tiré sur des habitants qui bravaient le couvre-feu, tuant quatre personnes, dont deux enfants d'une dizaine d'années.

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Mardi 22 novembre au soir, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution condamnant la répression des manifestations en Syrie, "les exécutions arbitraires et l'usage excessif de la force". Un vote auquel ont pris part le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Qatar, l'Egypte et l'Arabie saoudite.

A Homs, un Saoudien a justement été tué le même jour dans des circonstances troubles, selon Riyad. L'Arabie saoudite, en froid avec le régime syrien depuis son implication dans le plan de la Ligue arabe, a appelé ses ressortissants à la prudence.

L'inquiétude concerne également les Turcs présents en Syrie. Comme le relate le Nouvel Observateur, lundi 21 novembre dans le nord de la Syrie, des autocars transportant des pèlerins turcs revenant de La Mecque (Arabie saoudite) ont essuyé des tirs, faisant deux blessés.