La justice française émet des mandats d'arrêt contre trois responsables du régime syrien

Les trois hommes sont soupçonnés d'être impliqués dans des exactions sur deux citoyens franco-syriens, a appris franceinfo lundi, confirmant une information du "Monde".

Ali Mamlouk, chef du bureau de la sécurité nationale et bras droit de Bachar al Assad, en juillet 2015, à Damas, en Syrie.
Ali Mamlouk, chef du bureau de la sécurité nationale et bras droit de Bachar al Assad, en juillet 2015, à Damas, en Syrie. (HO / AL-WATAN NEWSPAPER / AFP)

La justice française a récemment émis des mandats d'arrêt contre trois responsables du régime syrien, notamment pour complicité de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre, et d'actes de torture, a appris franceinfo de source judiciaire lundi 5 novembre, confirmant une information du journal Le Monde.

Une information judiciaire ouverte en octobre 2016 

Parmi ces responsables figure Ali Mamlouk, l'ex-chef de la direction des renseignements généraux syriens, devenu directeur du bureau de la sécurité nationale. Les trois hommes sont soupçonnés d'être impliqués dans des exactions sur deux citoyens franco-syriens, un père et son fils, portés disparus depuis leur arrestation en novembre 2013 par les services du régime de Bachar al-Assad. Une information judiciaire a été ouverte en octobre 2016 pour "disparitions forcées et tortures, constitutives de crimes contre l'humanité, et complicité de crimes".

Depuis le mois d'août 2018, les actes de décès des deux victimes figurent parmi ceux publiés par le régime syrien, précise cette source judiciaire, qui indique aussi que la maison des deux hommes à Damas a été "réquisitionnée par des membres des services liés à leur arrestation".

Tortures, disparition forcée, crime de guerre

Outre le directeur du bureau de la sécurité nationale, deux responsables du service de renseignement de l'armée de l'air sont visés par ces mandats d'arrêt, pris par un juge d'instruction conformément aux réquisitions du parquet, pour "complicité d'actes de tortures, complicité de disparitions forcées, complicité de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de délits de guerre".