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Facebook en guerre contre Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah

Depuis le 7 février 2016, le secrétaire général du Hezbollah libanais pro-iranien n’a plus «droit de cité» sur Facebook. Sans qu’il s’agisse d’une décision officielle, les portraits de Hassan Nasrallah postés sur le réseau social de Mark Zuckerberg sont systématiquement bloqués. Une pratique qui a déclenché la riposte «Résistez en photo» des partisans du dirigeant chiite.
Article rédigé par Alain Chémali
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 1 min
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 24 octobre 2015, lors des cérémonies de l'Achoura à la mémoire de l'Imam Hussein, fils d'Ali tué à Kerbala en 680. (AFP PHOTO / ANWAR AMRO)

Déjà présent sur le front bien réel de la défense du régime de Bachar al-Assad en Syrie, le Hezbollah libanais de Hassan Nasrallah se bat désormais sur un front virtuel l’opposant au réseau social Facebook de Mark Zuckerberg.
 
Les portraits de Nasrallah, une «violence graphique» pour Facebook
Depuis le 7 février 2016, les internautes libanais qui affichent des portraits du secrétaire général du Parti de Dieu reçoivent un message indiquant qu’il s’agit d’une «violence graphique» en les sommant de changer leur photo de profil ou de couverture. En un mot de gommer toute apparition de Hassan Nasrallah sur leur compte.
 
Selon Radio France Internationale, des centaines d’internautes ont ainsi vu leurs comptes bloqués après avoir reçu de tels messages sans obtempérer.
 
Après les Etats-Unis et l’Union européenne, Facebook considère-t-il à son tour le Hezbollah comme une organisation terroriste, nécessitant d’en bloquer le compte et celui de son chef? Depuis mars 2015, la plateforme de Mark Zuckerberg a en tout cas adopté de nouvelles règles interdisant le soutien à des groupes terroristes.
 
Les partisans du Parti de Dieu lancent l'opération «Résistez en photo»
Surpris et en colère dans un premier temps, les partisans du Hezbollah ont décidé de riposter à «la guerre lancée par Facebook». Ils ont créé un «comité de coordination» sur le réseau et lancé l’opération «Résistez en photo».
 
Ainsi, depuis le 11 février, les partisans du chef chiite pro-iranien postent des portraits de lui enfant, adolescent ou adulte, en civil, treillis ou habit religieux. Ils ont littéralement envahi les réseaux en prenant des selfies avec des portraits du Sayyed derrière eux sur un mur ou.à l’écran.

«Une invasion qui se poursuit depuis quatre jours avec la même intensité, selon le correspondant de RFI, et qui s'est étendue à d'autres réseaux sociaux», comme Twitter et Instagram.

Sous le hashtag #RIPFacebook (Repose en paix Facebook), les partisans de Nasrallah ont réaffirmé laur amour pour leur chef et posté de nombreux portraits le représentant dressant l'index, souriant ou pensif ou encore côte à côte avec son censeur, Mark Zuckerberg.

Les internautes qui relèvent le défi de Facebook ont déploré une atteinte à la liberté d’expression, tandis que médias libanais et partisans du Hezbollah attribuaient à Israël l’initiative de cette campagne de blocage.

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