Israël met en place un programme d'expulsion de dizaines de milliers de migrants

Israël a lancé mercredi un vaste programme d'expulsion de quelque 38 000 migrants africains en situation irrégulière, leur imposant de choisir entre leur départ ou leur incarcération. La plupart des demandes d’asiles ne sont même pas examinées.

Un migrant africain marche dans la rue de Neve Shaanan, au sud de Tel-Aviv, le 4 septembre 2017.
Un migrant africain marche dans la rue de Neve Shaanan, au sud de Tel-Aviv, le 4 septembre 2017. (MENAHEM KAHANA / AFP)

Israël a annoncé mercredi 3 janvier le début d’un grand plan d’expulsion des quelques 38 000 migrants du pays, pour la plupart venus du Soudan et d’Erythrée. Avec pour seule alternative de quitter le pays avant la fin mars ou finir en prison. L'ultimatum est révoltant pour les ONG qui les défendent. Et pour cause : la plupart des demandes d’asiles ne sont même pas examinées. D'autant que depuis 2009, seules dix personnes ont reçu le statut de réfugié dans l’Etat hébreu.

À Tel-Aviv, Taj Jemy a beau savoir qu’il a doit faire ses valises, ce jeune Darfouri n'est pas prêt à partir. Comme des milliers d'autres, il a bien fait une demande d'asile, restée sans réponse. "Pourquoi on ne mérite pas d’être protégé comme toute personne qui subit une dictature, ou un génocide ?, s'indigne-t-il. Si je pouvais rentrer sans danger dans mon pays, je ne resterais pas ici un jour de plus ! Je déciderais immédiatement de rentrer."

À l'arrivée, d'inquiétants témoignages

Israël reconnaît ne pas pouvoir renvoyer les demandeurs d’asile dans leur pays : trop dangereux. Aussi, des accords ont été passé avec le Rwanda et l'Ouganda pour qu’ils soient accueilli là-bas, sans que personne ne sache ce qu'ils y deviendront une fois arrivés. D'ailleurs, les témoignages inquiétants se multiplient.

"À la minute où ils arrivent, leurs documents d’identité sont confisqués, explique Tal Steiner, de l’ONG Hotline pour les réfugiés. On leur prend leur argent, ils n’ont jamais accès aux procédures d’asiles." Au bout du compte, à en croire l'humanitaire, ils recommencent leur voyage vers la liberté depuis le début, à travers plusieurs Etats africains, jusqu’en Libye. Certains ont réussi à atteindre l’Europe.