Israël : le ministre de la Défense annonce sa démission après le cessez-le-feu à Gaza, le Hamas se félicite d'une "victoire"

Le ministre ultranationaliste Avigdor Lieberman dénonce l'accord indirectement conclu par Israël avec le mouvement islamiste palestinien Hamas, accord qu'il qualifie de "capitulation devant le terrorisme".

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman le 27 septembre 2018 sur le plateau du Golan côté Israël, à la frontière avec la Syrie.
Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman le 27 septembre 2018 sur le plateau du Golan côté Israël, à la frontière avec la Syrie. (JALAA MAREY / AFP)

Il a dénoncé devant la presse une "capitulation devant le terrorisme". Le ministre de la Défense israélien, Avigdor Lieberman, a annoncé à la télévision, mercredi 14 novembre, sa démission du gouvernement de Benyamin Nétanyahou. "L'Etat achète le calme à court terme au prix de graves dommages à long terme pour la sécurité nationale", a-t-il déclaré.

Le ministre ultranationaliste a pris sa décision au lendemain d'un accord indirectement conclu par Israël avec les groupes palestiniens (notamment le mouvement islamiste Hamas) sur un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Le calme est revenu mardi soir à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, après deux jours d'échanges de tirs les plus violents depuis l'opération Bordure protectrice en 2014. Le cessez-le-feu a été conclu après une médiation égyptienne.

Un appel à des élections anticipées

Avigdor Lieberman appelle également à des élections anticipées. Cet appel jette l'incertitude sur l'avenir du gouvernement en place depuis 2015, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël. "Nous devons nous entendre sur une date pour des élections le plus tôt possible", a-t-il dit, alors que l'échéance de la mandature est actuellement fixée à novembre 2019. 

Le ministre démissionnaire a aussi critiqué la décision du gouvernement de permettre le transfert de dollars qataris dans la bande de Gaza, principalement pour payer les salaires des fonctionnaires du mouvement islamiste palestinien Hamas.

"Une victoire politique pour Gaza"

Le mouvement islamiste Hamas, qui dirige sans partage la bande de Gaza, et les autres groupes palestiniens, ont indiqué qu'ils respecteraient le cessez-le-feu "aussi longtemps que l'ennemi sioniste le respectera". Cette démission est "une victoire politique pour Gaza qui a réussi, par sa résistance, à ébranler la scène politique" israélienne, s'est félicité dans la foulée le Hamas, au pouvoir dans l'enclave.

Après l'annonce du cessez-le-feu, des milliers de Gazaouis ont participé à des manifestations de joie pour proclamer la "victoire sur Israël". Un contraste frappant avec la situation de l'autre côté de la frontière. Nombre d'Israéliens de la "périphérie" soumise aux tirs de roquettes ont en effet exprimé dans la rue et sur les réseaux sociaux leur ressentiment contre un gouvernement qui devrait, à leurs yeux, frapper plus fort les groupes palestiniens.