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Nicolas Sarkozy et Barack Obama : une amitié en dents de scie

Concert de louanges et interview croisée : en marge du G20 de Cannes, les deux dirigeants veulent afficher leur amitié. Même s'il n'en a pas toujours été ainsi. Récit.

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France Télévisions
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Barack Obama (à droite) et Nicolas Sarkozy (à gauche) peu avant le début du sommet du G20 de Cannes, jeudi 3 novembre 2011. (STEFAN ROUSSEAU / REUTERS)

Doit-on se préparer à des considérations paternelles, comme ce fut le cas cette semaine ? Barack Obama et Nicolas Sarkozy vont répondre, vendredi 4 novembre, aux questions de Laurence Ferrari et David Pujadas, lors d'une interview croisée dans les 20 heures de TF1 et France 2, dans le cadre du G20 qui se tient actuellement à Cannes. "L'impulsion importante [pour cet entretien] est venue des États-Unis et de la volonté de Barack Obama", assure David Pujadas au Figaro. Le détail n'est pas anodin. 

Depuis jeudi, l'ambiance est en effet décontractée entre les deux dirigeants. Barack Obama n'a pas tari d'éloges à l'égard de Nicolas Sarkozy et même plaisanté sur la naissance de sa fille Giulia.

 

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Le message se veut limpide : le climat est au beau fixe. Mais la bonne entente n’a pas toujours été évidente entre les deux présidents, au grand dam du chef de l’Etat français. Récit en six dates.

• Juillet 2008 : "Obama ? C’est mon copain."

Cette phrase lâchée il y a trois ans par Nicolas Sarkozy au Figaro résume la fascination du chef de l’Etat pour Barack Obama, qui n’est à l'époque que simple candidat démocrate à la présidentielle. Nicolas Sarkozy profite d'une visite à l'Elysée du sénateur de l'Illinois pour le soutenir dans sa course à la présidentielle et poser les premières pierres de leur relation.

• Mars 2009 : Obama souhaite "collaborer" avec… Jacques Chirac

Les efforts de Nicolas Sarkozy sont toutefois mis à mal par Barack Obama, deux mois seulement après son investiture. Première pilule difficile à avaler pour le chef de l'Etat français : il n’est pas le premier dirigeant européen à rencontrer le désormais président des Etats-Unis. C’est en effet à Gordon Brown qu’est revenu ce privilège.

Autre humiliation, révélée par Le Figaro : Barack Obama a envoyé, le même mois, une lettre "très sympathique" à… Jacques Chirac. Dans la missive, l’Américain félicite le prédécesseur de Nicolas Sarkozy pour sa position sur la guerre en Irak et l’invite à "collaborer ensemble dans un esprit de paix et d’amitié"

• Avril 2009 : Michelle et Carla, les atouts charme

Nicolas Sarkozy espère alors profiter de la présence de Barack Obama au G20 de Londres pour resserrer les liens. Une volonté qui se solde par un échec : lors de la photo de famille, le président démocrate ne daigne même pas serrer la main au chef de l’Etat.


C’est dans ce contexte que le premier tête-à-tête officiel a lieu, en marge du sommet de l’Otan organisé début avril à Strasbourg. Puisque la mayonnaise n'a pas encore pris, la France choisit d'insister davantage sur l’amitié qui lie les deux couples, notamment les deux First LadiesDevant un public acquis à la cause, Carla Bruni-Sarkozy, Nicolas Sarkozy, Michelle et Barack Obama se tombent dans les bras et s’embrassent.

• Juin 2009 : Nicolas Sarkozy ? "Un ami"

Rebelote deux mois plus tard : le couple Obama atterrit le 6 juin en Normandie pour célébrer le 65e anniversaire du débarquement américain. Après un entretien en tête-à-tête, le président français confie que "les Etats-Unis et la France n’ont jamais été aussi proches". Et il n'est, cette fois, pas le seul à le dire. 

Interrogé sur la courte durée de son séjour, Barack Obama se défend en invoquant un emploi du temps trop chargé. Il renchérit : "Je considère personnellement Nicolas Sarkozy comme un ami". Le dirigeant américain ne répond pourtant pas à l’invitation de son "ami" pour un déjeuner à l’Elysée. Seules Michelle et ses filles, restées à Paris, partagent la table des Sarkozy.

Fin 2009 : lassitude côté français

Les derniers mois sont émaillés de plusieurs piques de Nicolas Sarkozy à l’égard de Barack Obama. Début novembre, le chef de l’Etat lance notamment à des journalistes : "Obama est au pouvoir depuis un an et il a déjà perdu trois élections partielles. Moi, j'ai gagné deux législatives et les Européennes. Qu'est-ce qu'on aurait dit si j'avais perdu ?" 

• Mars 2010 : tutoiement et dîner privé

En février, Barack Obama annonce qu’il ne participera pas au sommet entre les Etats-Unis et l’Europe prévu en mai à Madrid. Après cette énième vexation, le climat semble s’apaiser entre les deux dirigeants. Pour la première fois, Barack Obama accueille son homologue français à la Maison-Blanche. L’Elysée insiste sur ce "témoignage d’amitié".

Nicolas Sarkozy affiche clairement sa proximité, lors d'une conférence de presse. "Je te fais confiance", déclare-t-il à l’encontre d’Obama, sur le dossier des avions ravitailleurs américains. Le chef de l’Etat et sa femme sont invités à dîner dans les appartements privés du couple Obama. L'amitié de façade serait-elle authentique ? Tout est fait pour qu'on y croit. 

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