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Les Tunisiens élisent ce dimanche démocratiquement une assemblée constituante.

Objectif de ce scrutin : mettre sur pied une assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Un gouvernement intérimaire sera aussi formé, dans l'attente d'élections législatives et présidentielle.
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Les Tunisiens de l'étranger ont déjà voté, de jeudi à samedi. Photo : en Allemagne, ambassade tunisienne de Berlin. (ODD ANDERSEN / AFP)

Objectif de ce scrutin : mettre sur pied une assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Un gouvernement intérimaire sera aussi formé, dans l'attente d'élections législatives et présidentielle.

Il s'agit du tout premier vote libre de l'histoire de la Tunisie, neuf mois après la chute du régime de Zine Ben Ali, provoquée par la révolution populaire. Plus de 7 millions d'électeurs sont appelés à élire les 217 membres de l'assemblée constituante qui aura pour principales tâches de rédiger une nouvelle constitution et de désigner un exécutif, lequel gouvernera jusqu'aux prochaines élections générales. Pour la première fois, les résultats des élections ne sont pas connus d'avance, après des années de bourrage des urnes.

Kamel Jendoubi, président de L'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), a déclaré samedi, à la veille du scrutin : "Nous sommes prêts", "nous sommes heureux, excités et confiants". L'Iie a organisé pendant plusieurs mois l'ensemble du processus indépendemment de l'exécutif. Le gouvernement intérimaire, qui a géré le pays pendant une transition émaillée de flambées de violences et de troubles sociaux, a appelé les Tunisiens à voter massivement, "sans peur".

Les islamistes d'Ennahda favoris

Le parti islamiste Ennahda (Renaissance), interdit sous Zine Ben Ali, est le favori de ces élections. Le succès politique des islamistes inquiète le camp laïque, qui craint qu'Ennahda n'impose des bouleversements sociétaux. Le parti s'est employé durant la campagne à dissiper les craintes du camp laïque et des pays occidentaux. Il présente plusieurs candidates, dont l'une ne porte pas le voile islamique, et il s'est engagé à respecter les droits des femmes. Le grand parti islamiste, qui se réclame d'un islam modéré proche de l'AKP turc, devrait arriver en tête et chercher à formaliser des alliances pour former un gouvernement.Les observateurs jugent qu'une rafle par Ennahda d'une majorité absolue -scénario jugé peu probable- serait un véritable coup de tonnerre. ()

Incapables de s'entendre pour créer un front anti-islamiste, les grands partis de gauche ont promis une vigilance de tous les instants pour défendre les libertés acquises de la révolution et le statut de la femme tunisienne, le plus avancé du monde arabe.

Signal aux autres peuples

Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures et fermeront à 19 heures. Le dépouillement commencera dès la fermeture des bureaux et les premiers résultats, qui tomberont circonscription par circonscription (27 au total en Tunisie), sont attendus dans la nuit. L'Isie annoncera les résultats définitifs lundi après-midi. Le scrutin se déroulera sous le regard attentif de plus de 13 000 observateurs locaux et internationaux.

Selon les autorités, 40 000 militaires et policiers seront déployés pour maintenir l'ordre. Des commerçants affirment que la population a constitué des stocks de lait et de bouteilles d'eau à titre de précaution.

Crucial pour les Tunisiens, l'enjeu l'est aussi pour le printemps arabe : sa réussite ou son échec enverront un signal déterminant aux peuples qui se sont soulevés dans la foulée de la révolution tunisienne. Coïncidence du calendrier : la Tunisie se rend aux urnes le jour même où son voisin libyen doit proclamer sa "", trois jours après la mort de Mouammar Kadhafi.

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