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Les pirates de Sony Pictures menacent d'un 11 septembre

Les pirates informatiques qui ont diffusé des informations personnelles de plusieurs milliers de salariés américains de Sony Pictures Entertainement ont menacé tous ceux qui iraient voir le film "L'interview qui tue", sur le leader nord-coréen Kim Jung-Un, produit par SPE. Ils n'hésitent pas à les menacer d'un 11 septembre. Les autorités américaines estiment que ces menaces sont peu crédibles.
Article rédigé par Grégoire Lecalot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
  (La police de Los Angeles sécurise la première mondiale du film The Interview, le 11 décembre © REUTERS/Kevork Djansezian)

Personne ne verra James Franco et Seth Rogen. Les deux stars du film L'interview qui tue ont décidé d'annuler toutes leurs apparitions et toutes leurs interventions dans les médias après les nouvelles menaces lancées mardi par les GOP, alias Gardians of Peace, le groupe de pirates informatiques qui a déjà attaqué le studio Sony Pictures Entertainement (SPE), producteur du film. Sony Pictures a donné l'autorisation aux exploitants de déprogrammer le film. C'est ce qu'a fait Carmike Cinémas. Le groupe qui possède 3000 écrans dans le pays a déjà annoncé qu'il ne projetterait pas le film. Et la première new-yorkaise prévue demain jeudi a été annulée. 

"Rappelez-vous le 11 septembre 2001."

Ce film, une comédie autour du numéro un nord-coréen Kim Jung-Un, doit sortir le jour de Noël et dans un communiqué, les pirates menacent directement les futurs spectateurs : "Rappelez-vous le 11 septembre 2001. Nous vous recommandons de vous tenir à distance de ces endroits (où le film sera montré). Et si votre maison est à proximité, vous devriez partir. Tout ce qui va se passer dans les prochains jours sera dû à la cupidité de SPE. Le monde entier dénoncera Sony ", lancent-ils dans un anglais approximatif. "Le monde sera plein de craintes ", se sentent-ils tenus d'ajouter, légèrement mélodramatiques.

Plainte contre SPE

Le 24 novembre dernier, ce groupe a diffusé des informations personnelles de 47.000 employés ou anciens employés de SPE : des adresses, des mails, des numéros de téléphone ou de sécurité sociale. Plusieurs ex-employés ont d'ailleurs déposé plainte contre SPE pour mauvaise protection des données personnelles.

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Mais, cette fois, le Département d'Etat américain ne prend pas les menaces au sérieux : "Je pense que c'est une comédie que les Américains peuvent aller voir aux alentours de Noël. C'est à eux de faire leur choix ", temporise sa porte-parole, Jennifer Paski. Elle refuse de se prononcer sur les soupçons qui visent la Corée du Nord, estimant que le film "n'est pas un sujet sur lequel nous prenons position ". La Corée du Nord a nié être à l'origine de l'attaque. Tout en félicitant ses auteurs.

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