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Le pape en visite au Proche-Orient, un défi politique

Le pape est arrivé ce samedi en Jordanie pour une visite éclair de trois jours qui va le conduire aussi dans les territoires palestiniens puis en Israël. Un déplacement très attendu et très sensible dans ces territoires de tension religieuse et politique. Il souhaite prôner le dialogue entre les religions comme moyen de promouvoir la paix.
Article rédigé par Anaïs Feuga
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (© REUTERS/Muhammad Hamed - Des travailleurs déroulent un tapis devant une église de Jordanie pour préparer l’arrivée du pape.)

Sa visite en Terre Sainte aura un caractère "strictement religieux ". Le pape évoluera pourtant pendant trois jours sur un terrain glissant, où chacun de ses actes sera disséqué à l’aune du symbole politique. Sur place, les attentes sont énormes, que ce soient celles des chrétiens vivant en Israël ou en Palestine, ou encore des réfugiés syriens et irakiens. 

Le programme lui-même est un exemple d’exercice politique, une tentative équilibre entre les trois communautés, juive musulmane et chrétienne. D’ailleurs, fait nouveau, un rabbin et un musulman font partie de la délégation papale, deux amis argentins de longue date du pape.

Agostino Borromeo , gouverneur général de l’ordre du st sépulcre, qui finance le patriarcat de Jérusalem, est conscient de ce risque de récupération politique

"Le risque de tout voyage d'un pape est qu'on puisse l'instrumentaliser pour des raison politiques. Mais je pense que François est très ferme dans ses positions"

 

Agostino Borromeo, gouverneur général, est conscient des risques politiques du voyage

 

 

14 discours et trois messes en trois jours

Il s’envole ce samedi de Rome pour atterrir en Jordanie, avant de continuer son périple dans les territoires palestiniens et en Israël. Le programme est minuté. Le pape doit prononcer 14 discours, célébrer trois messes et rencontrer trois chefs d’Etat : le roi Abdallah II de Jordanie, Mahmoud Abbas pour l’Autorité palestinienne et le président israélien Shimon Peres.

Principaux temps forts du voyage : les deux messes en public, au stade d’Amman en Jordanie, et la messe dominicale dans la ville palestinienne de Bethléem. Le pape doit également rencontrer le patriarche de Constantinople à Jérusalem. D’un point-de-vue religieux, cette rencontre est historique : elle a lieu 50 ans après celle de leurs prédécesseurs, le pape Paul VI et Athénagoras, qui renouaient le dialogue après un millénaire de séparation entre l’Eglise romaine, St Pierre, et l’Eglise orthodoxe, St André.

Le protocole est réduit au maximum. Le seul repas que François partagera sera avec les familles de réfugiés et des pauvres palestiniens. A Amman, il rencontrera aussi des refugies syriens et irakiens. Enfin, à Jérusalem il visitera le mémorial de la shoah.

8500 policiers pour assurer la sécurité

Du point de vue sécuritaire, cette visite représente un véritable casse-tête pour les différentes autorités locales. Rétif au protocole, le pape François aime le contact avec les foules et déteste les signes ostensibles de protection. Il tient pourtant à prendre deux bains de foule à bord de sa jeep décapotable, lors des deux messes à Amman et Bethléem, où respectivement 20.000 et 10.000 personnes sont attendues.

A Jérusalem en revanche, les mesures de sécurité seront draconiennes et les bains de foule impossibles. Le pape tenant à se déplacer en voiture non-blindée, les rues seront hyper sécurisées avant son passage. On ne lésine pas sur les moyens pour le souverain pontife : 8500 policiers seront mobilisés, aux côtés d’officiers des services secrets, de snipers, d’hélicoptères et de caméras de surveillance.

Les risques sont réels, la tension étant palpable en Israël où les autorités se débattent déjà contre une montée des vandalismes d’extrémistes juifs. Un graffiti en hébreu insultant Jésus a notamment été découvert ce vendredi sur une église à Beersheba, dans le sud du pays.

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