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La démission du pape : un événement très rare dans l'Histoire

Le Vatican a annoncé lundi la démission du pape Benoît XVI à partir du 28 février prochain. Il s'agit d'un événement très rare dans l'histoire de la papauté ; en général, on ne survit pas à la fonction.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (New Pool Reuters)

Meurtres, vengeances, excommunications, luttes d'influence,
rivalités politiques... l'histoire de la papauté, qui s'étale sur deux millénaires,
est pleine de ces événements, brutaux, qui mettent fin au pouvoir du premier
personnage de l'Eglise catholique. Mais la démission, elle, n'apparaît qu'à de
très rares occasions.

La démission, un sujet présent dans l'Eglise

La démission d'un pape n'est pas quelque chose de tabou, en
principe. C'est même prévu par le droit canon qui régit la chrétienté. En
novembre 2011, à l'occasion de la parution d'un livre d'entretiens, Lumière du
Monde ; le pape, l'Eglise et les signes du temps
, Benoit XVI s'était déjà
exprimé à ce sujet : "si un pape se rend compte clairement qu'il n'est
plus capables physiquement, psychologiquement ou spirituellement d'accomplir
les tâches de sa fonction, il a le droit, selon certaines circonstances, l'obligation
de démissionner"
.

Dans les faits, difficile parfois de savoir précisément si
un pape a effectivement démissionné : les termes varient selon les
époques, et certaines abdications, terme absent des documents officiels de l'Eglise,
sont le fait de véritables manœuvres politiques.

Très peu de précédents

La première démission papale dans l'histoire est celle, accomplie
avec fracas, de Benoit IX. Le souverain pontife vient alors de retrouver son trône,
nous sommes en mars 1045. Deux mois plus tard, il démissionne, pour des raisons
qui aujourd'hui encore paraissent assez floues, au profit de son oncle. Il s'agirait
pour faire simple d'un arrangement sur fond de "mœurs dissolues",
une accusation qui lui collera à la peau toute sa vie, et même lorsqu'il
redeviendra pape deux ans plus tard.

Mais la seule et unique démission avérée est celle de
Célestin V. En 1294, alors qu'il profite de son siège depuis seulement cinq
mois, il publie un décret important, encore en vigueur aujourd'hui : un
pape a le droit de démissionner. C'est ce qu'il fait, le 13 décembre 1294. Cela
ne l'empêchera pas d'être canonisé par la suite.

Enfin, le dernier exemple de démission est très particulier.
En 1415, Grégoire XII décide de s'en aller, officiellement pour mettre fin au
Grand Schisme d'Occident et l'abondance de candidatures papales qu'il suscite.

Une multitude de rumeurs

En la matière, dans l'Eglise catholique les rumeurs sont
légion. On raconte notamment que certains souverains pontifes avaient envisagé,
sous condition, leur démission.

Ce serait par exemple le cas de Pie XII, un pape resté
célèbre pour son rôle joué pendant la Seconde Guerre mondiale. Il aurait prévu
de démissionner, de façon automatique, s'il était enlevé par les Nazis.

Autre exemple, plus récent, celui de Jean-Paul II, le
prédécesseur de Benoît XVI. Elu en 1978, il aurait à plusieurs reprises
envisagé de se retirer. Très gravement malade, il aurait laissé une lettre
prévoyant sa démission en cas d'incapacité à remplir son office. Les dernières
images de Jean-Paul II ont beaucoup marqué les fidèles, celles d'un pape se
déplaçant très difficilement, rongé par la maladie. Il décèdera en 2005.

Benoît XVI, en choisissant de démissionner avant qu'il ne
soit trop tard, a certainement voulu éviter de renvoyer la même image.

> A suivre : EN DIRECT : la démission annoncée de Benoît XVI

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