Français détenu en Iran : Benjamin Brière n'est pas un espion, juste "un touriste", martèle sa sœur

L'homme de 36 ans est détenu depuis bientôt 20 mois. L'Iran l'accuse d'espionnage, quand sa famille assure qu'il était en voyage touristique.

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Radio France
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Blandine Brière, la soeur de Benjamin Brière, arrêté en Iran en mai 2020. Elle organise un rassemblement de soutien à son frère au Trocadéro, le samedi 8 janvier. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Le Français Benjamin Brière, 36 ans, détenu en Iran depuis "bientôt 20 mois", n'est pas un espion mais "un touriste, un amoureux du voyage", a martelé sa sœur, Blandine Brière, samedi 8 janvier sur franceinfo. La famille de cet "otage", en grève de la faim depuis le 25 décembre pour protester "contre sa situation", appelle à une mobilisation, le même jour, sur l'esplanade du Trocadéro à Paris, à 14h.

franceinfo : Comment va votre frère ? Avez-vous pu avoir de ses nouvelles ?

Il va comme il peut aller, emprisonné à l'autre bout du monde et en grève de la faim. Il était censé pouvoir nous appeler pour les fêtes, ce qu'on lui a refusé, certainement au dernier moment, comme ça arrive parfois. C'est pour ça qu'il a entamé cette grève de la faim, et aussi pour protester, comme il peut, de là où il est, contre la situation dans laquelle il est depuis bientôt 20 mois.

Qu'attendez-vous de ce rassemblement que vous organisez place du Trocadéro à Paris ?

J'appelle au rassemblement, tout simplement pour réunir les proches de Benjamin, les gens qui nous soutiennent, pour montrer au plus grand nombre qu'il existe, et qu'il n'est pas un otage dormant, qui ne fait rien. Je vais mettre en avant le fait que lui aussi proteste de son côté et se met en danger pour montrer qu'il existe, et qu'il faut que tout ça avance. C'est simplement un rassemblement de soutien pour montrer que Benjamin est un fils, un oncle, un cousin, un ami très cher. C'est pour montrer qu'il est une personne complètement normale soutenue par énormément de monde, qu'il est un touriste [et pas un espion, comme l'assure l'Iran]. Il est connu pour ça, parce qu'il est amoureux du voyage, qu'il a construit son van et qu'il sillonne le monde avec ça.

Vous employez le mot "otage". Pour vous, votre frère est otage de l'Iran, pris dans un jeu de pouvoir diplomatique qui vous dépasse complètement ?

C'est mon point de vue. En tout cas, c'est ce dont je me rends compte à mon échelle. Aujourd'hui, on n'a aucun élément précis de dossier judiciaire. On a ces deux accusations-là [au mois de mai, l'avocat iranien de Benjamin Brière a indiqué qu'il serait jugé pour "espionnage" et "propagande" contre le système politique iranien], mais sans dossier, sans papiers, sans rien du tout. Il n'y a aucune cour qui a été saisie pour traiter le cas. A partir de ce moment-là, on peut l'appeler otage. D'ailleurs, on a déjà connu ces schémas auparavant. En ce qui concerne les accusations d'espionnage, on parle d'un drone acheté 100 euros sur Internet, qui permettait d'envoyer des jolies photos à sa famille et à sa communauté sur les réseaux sociaux, ça s'arrête là.

Qu'attendez-vous de la part du gouvernement français ?

Aujourd'hui, il fait ce qu'il peut, mais on en demande plus. On demande des éléments auxquels se raccrocher pour observer une évolution, tenir bon, avoir de l'espoir, espérer des choses dans les temps à venir.

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