VIDEO. Portugal : la gauche fait tomber le gouvernement pro-austérité de droite

La coalition de droite était arrivée en tête des élections législatives du 4 octobre.

RTP / EVN

Le Portugal est entré à nouveau dans une zone de turbulences politiques. La gauche portugaise, unie pour la première fois en quarante ans de démocratie, a mis mardi 10 novembre, sa menace à exécution et a provoqué la chute du gouvernement minoritaire de droite "pour tourner la paLage de l'austérité", sous l'œil inquiet des marchés financiers.

Une motion rejetant le programme du gouvernement de droite a été adoptée par les 123 voix des députés de l'opposition, contre 107 à la droite, entraînant ainsi sa démission à peine onze jours après son entrée en fonction.

Manifestations à Lisbonne

Le gouvernement de Pedro Passos Coelho, 51 ans, dont la coalition de droite était pourtant arrivée en tête des élections législatives du 4 octobre, entre ainsi dans l'Histoire comme l'exécutif le plus éphémère du Portugal.

"Il est possible de tourner la page de l'austérité dans le cadre de la zone euro", a assuré à l'issue du vote le secrétaire général du Parti socialiste Antonio Costa, 54 ans, qui brigue la place de Premier ministre.

"Le Parti socialiste a fait un choix radical, préférant se joindre à des minorités qui l'ont toujours combattu", a déclaré Pedro Passos Coelho avant d'ajouter que "ce n'est pas tous les jours que l'on quitte le gouvernement en ayant obtenu le soutien des électeurs".

Environ 5 000 partisans de la gauche et près de 2 000 de la droite se sont rassemblés, mardi, à Lisbonne, dans deux manifestations différentes, mais dans une ambiance électrique, les uns pour saluer le départ du gouvernement, les autres pour s'y opposer.

Lisbonne (Portugal), les membres du parti de gauche votent pour rejeter le programme de gouvernement de coalition au Parlement, le 10 Novembre 2015
Lisbonne (Portugal), les membres du parti de gauche votent pour rejeter le programme de gouvernement de coalition au Parlement, le 10 Novembre 2015 (PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)