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Taxe sur les transactions financières : Berlin pas d'accord avec le cavalier seul de Paris

L'Allemagne a réaffirmé qu'elle souhaitait une solution européenne alors que la France se dit prête à mettre en place seule cette nouvelle taxe.

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France Télévisions
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Angela Merkel et Nicolas Sarkozy le 5 décembre 2011 dans la cour du palais de l'Elysée (France). (ERIC FEFERBERG / AFP)

C'est une mise au point de l'Allemagne à l'attention de Nicolas Sarkozy. "La position allemande est inchangée : (....) le but est d'aboutir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne", a déclaré vendredi 6 janvier le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Il était interrogé sur la réponse de Berlin à l'annonce par Paris de sa volonté d'agir seul pour "montrer l'exemple".

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a en effet confirmé plus tôt dans la matinée de vendredi : "Il y aura une décision sur la taxation des transactions financières pour ce qui concerne la France avant la fin du mois de janvier."

Alors que la chancelière Angela Merkel doit recevoir le président français lundi, Steffen Seibert a rappelé que, fin décembre, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble avait expliqué que l'Allemagne et la France voulaient seulement "clarifier" la situation au sein de l'Union européenne (UE) dans les premières semaines ou les premiers mois de l'année.

55 milliards d'euros par an

Paris avait déjà souligné le fait qu'une contribution franco-allemande pour fixer l'assiette de cette taxe serait présentée le 23 janvier, les deux pays voulant l'inscrire à l'agenda du sommet européen du 30 janvier. L'objectif est qu'elle soit mise en place "avant la fin 2012" selon le ministre chargé des Affaires européennes Jean Leonetti.
 
Selon une proposition de la Commission européenne, cette taxe s'appliquerait à l'UE à partir de 2014 et pourrait rapporter jusqu'à 55 milliards d'euros par an. Les taux retenus envisagés seraient de 0,1 % sur les actions et les obligations et de 0,01 % sur les autres produits financiers.


Mais le chemin avant son application est encore long. Au sein de l'Union, l'opposition de certains pays demeure vive. Le Royaume-Uni craint ainsi pour l'avenir de la City, son quartier d'affaires, et la Suède a été échaudée par l'échec d'une tentative conduite en solitaire dans les années 1990. La taxe pourrait donc finir par n'être adoptée qu'au niveau d'un groupe de pays pionniers de l'UE, voire de la zone euro.

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