Réfugiés : près de 90 millions de déplacés forcés dans le monde sans compter les Ukrainiens, révèle un rapport des Nations unies

C'est un chiffre historique, qui pourrait encore s'aggraver avec les crises alimentaires causées par le conflit en Ukraine, analyse le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

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Des demandeurs d'asile de la République démocratique du Congo viennent de traverser la frontière ougandaise, après des combats meurtriers dans leur région d'origine, le 7 juin 2022. (BADRU KATUMBA / AFP)

Les déplacements forcés de population ont battu un nouveau record dans le monde. Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), qui publie son rapport annuel ce jeudi, 89,3 millions personnes ont été contraintes de fuir leur région ou leur pays à la fin de l'année 2021. Et ce à cause de persécutions, de conflits, de violations des droits de l’Homme.

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À titre de comparaison, il y a 10 ans en 2011, le HCR recensait environ 40 millions de déplacés forcés dans le monde. 
Ce bilan comprend les réfugiés et les demandeurs d'asile ainsi que les 53,2 millions de personnes qui ont fui au sein de leur pays. Toutefois, il ne prend pas en compte les réfugiés de la guerre en Ukraine qui a éclaté le 24 février 2022.

"Effectivement, si vous les ajoutez, on dépasse maintenant les 100 millions de déplacés forcés", précise ce jeudi sur franceinfo Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés. "J'aurais vraiment aimé de ne jamais arriver à ce chiffre... terrible. Un symptôme affreux de l'état de notre monde"

Des causes de plus en plus complexes

Les cinq pays qui ont accueilli le plus de réfugiés sont la Turquie (3,8 millions), la Colombie (1,8 million), l'Ouganda (1,5 million), le Pakistan (1,5 million) et l'Allemagne (1,3 million). L'agence des Nations unies pour les réfugiés note également que plus de deux tiers (69%) des déplacés à l'étranger sont originaires de l'un des cinq pays suivants : la Syrie (6,8 millions), le Venezuela (4,6 millions), l'Afghanistan (2,7 millions), le Soudan du Sud (2,4 millions) et la Birmanie (1,2 million).

Ces États font face à des guerres ou à des conflits mais "les causes qui poussent les gens à fuir deviennent plus complexes", explique Filippo Grandi.Il rappelle que "bien sûr à la base des flux de réfugiés il y a les conflits, la violence, les violations des droits de l'Homme mais nous voyons, de plus en plus, d'autres causes intervenir : les phénomènes climatiques, les inégalités sociales, même la pandémie a causé des mouvements de population".

"La majorité des réfugiés bougent d'un pays pauvre à un autre pays pauvre"

Le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés anticipe les conséquences indirectes de la guerre en Ukraine : "Elle va causer des crises alimentaires et on aura des complications ultérieures"Le HCR note que 72% des exilés fuient dans des pays voisins et 83% dans des pays pauvres ou en développement. "En Occident, on a souvent l'impression que les réfugiés sont des gens qui viennent chez nous mais en fait la majorité sont des personnes qui bougent d'un pays pauvre à un autre pays pauvre", souligne Filippo Grandi. 

5,7 millions de personnes déplacées sont retournées dans leur région ou leur pays d'origine en 2021.

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