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Ukraine : Amnesty International affirme détenir "des preuves irréfutables que des crimes de guerre sont commis sur le sol ukrainien"

L'ONG publie vendredi les conclusions d'un rapport sur le conflit en Ukraine. Le vice-président d’Amnesty international France affirme qu'il y a "des preuves irréfutables" de crimes de guerre.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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La découverte de Boutcha après le retrait des troupes russes, le 4 avril 2022. (BENJAMIN THUAU / RADIO FRANCE)

"Nous affirmons qu'il y a des crimes de guerre qui sont commis sur le sol ukrainien", a expliqué Jean-Claude Samouiller, vice-président d’Amnesty international France, sur franceinfo le vendredi 6 juin. Il estime, après enquête dont les conclusions sont publiées vendredi, qu'il y a "des preuves irréfutables" de crimes de guerre en Ukraine.

franceinfo : Pourquoi avoir appelé votre rapport : "Il ne reviendra pas" ?

Jean-Claude Samouiller : C'est la réponse qu'a obtenu un monsieur après qu'il eut demandé à un soldat russe si son gendre, avec qui il avait été arrêté, pouvait l'aider à venir éteindre l'incendie qui s'était déclaré dans la maison à la suite d'un jet de grenade. Le soldat russe lui a répondu, il ne reviendra plus. Le gendre venait d'être exécuté de l'autre côté du mur du jardin. Voilà le genre d'atrocités que nous avons documentées.

Quelles zones et quelles périodes concernent ces crimes de guerre ?

C'est une région qui est au nord-ouest de Kiev. Nous avons interrogé des dizaines de civils, des témoins directs, des voisins qui ont corroboré les dires de ces témoins. Nous avons documenté deux sortes d'exactions. D'abord des bombardements illégaux, à l'aveugle, dans la ville de Borodyanka où nous savons que le 2 et 3 mars huit immeubles ont été pris pour cible. À l'intérieur vivait 600 familles et 42 civils ont été tués.

Il y a eu des exécutions extra judiciaires que nous avons documentées dans la même région, dans les villages de Boutcha. Là, ce sont des civils qui n'avaient aucun armement et qui ont eu la malchance d'avoir croisé des colonnes de chars russes. Nous avons documenté 22 exécutions extra judiciaires de civils dont deux après des tortures.

Avez-vous des preuves ?

Nous avons des preuves irréfutables, c'est la raison pour laquelle notre rapport ne sort qu'aujourd'hui parce qu'il a fallu collecter ces preuves, les identifier, les recouper. Donc, aujourd'hui nous affirmons qu'il y a des crimes de guerre qui sont commis sur le sol ukrainien.

Avez-vous pu identifier les auteurs de ces massacres ?

C'est le travail que nous sommes en train de faire. Nous savons par l'analyse des munitions que nous avons retrouvées sur place et par l'analyse de documents administratifs les régiments qui sont concernés. Nous sommes en train d'authentifier les auteurs. En termes de crimes majeurs de guerre, non seulement les auteurs doivent être poursuivis et jugés mais également la hiérarchie militaire. Dans le droit international, la hiérarchie doit être capable de refreiner les exactions de ses troupes.

Voudriez-vous voir Vladimir Poutine devant un tribunal ?

C'est le souhait que nous avons, que les plus hautes instances du régime russe soient jugées et condamnées pour crimes de guerre. Cela va être très difficile de juger Vladimir Poutine.

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