Témoignage Guerre en Ukraine : le père d'un marin russe du "Moskva", sans aucune nouvelle de son fils, se heurte au mutisme des autorités

Le plus grand flou entoure le sort de l'équipage du "Moskva", le navire amiral de la flotte russe qui a coulé jeudi dernier en mer Noire. Des parents de marins présents à bord lors du naufrage n'arrivent pas à savoir si leurs enfants sont encore en vie ou non.

Article rédigé par
Jean-Sébastien Soldaïni - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le croiseur lance-missiles russe "Moskva", le 7 septembre 2014. (CAN MEREY / DPA)

Avant le naufrage du croiseur, Dimitri, père de famille vivant en Crimée était en contact régulier avec son fils Igor, 20 ans, jeune cuisinier de bord du Moskva. Une communication via WhatsApp qui disparaît en même temps que le navire amiral de la flotte russe en mer Noire. Le croiseur a sombré jeudi 14 avril. Kiev affirme l'avoir touché avec deux missiles, une version corroborée par le Pentagone. Moscou évoque, pour sa part, un incendie accidentel dans un dépôt de munitions.

>> Guerre en Ukraine : ce que l'on sait du "Moskva", le croiseur coulé en mer Noire

Quoi qu'il en soit, ce père de famille se met immédiatement après le naufrage à la recherche de son fils. "Avec d'autres parents de marins, nous sommes allés dans les hôpitaux de la région et nous avons demandé à avoir les noms de ceux qui étaient là, explique-t-il à franceinfo. Officiellement, la flotte russe affirme que l'équipage du croiseur a été évacué à temps. Dans les faits, le plus grand flou entoure le sort de cet équipage.

"Tout ce qui nous a été répondu, c'est qu'il n'y avait pas d'information à ce sujet. Pas de morts, pas de blessés."

Dimitri père d'un marin du Moskva

à franceinfo

 Deux jours après le naufrage, il voit cette vidéo montrant le capitaine du navire saluant son équipage. Une centaine de marins sur les 500 habituellement à bord. Impossible de dire si son fils est présent. Il se met alors en contact avec d'autres parents pour essayer d'en savoir plus. Une maman notamment, sans vraiment de succès.

Pas de droit de visite

"Son fils refuse de parler, affirme ce père de famille. Il dit qu'il ne se rappelle de rien, qu'il était inconscient. Cette maman n'a pas le droit de voir son fils. Elle ne sait pas où il est hospitalisé, comme si on voulait le lui cacher." Dimitri contient sa colère : "Tout ce que je peux dire, c'est que c'est grave !" Il s'arrête avant d'ajouter, "Si je vais plus loin, je risque des poursuites pénales..."

Le Père d'un marin du "Moskva" face au mutisme des autorités russes - Le reportage de Jean-Sébastien Soldaïni
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