Reportage Guerre en Ukraine : dans la région de Dnipropetrovsk, la contre-offensive ukrainienne freinée par les mines et les bombardements russes

Aux mains des Russes depuis le début de la guerre, la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, est l’objectif de la contre-offensive ukrainienne. Cette dernière évolue lentement, freinée par le minage de l’armée russe, tandis que des bombardements meurtriers sapent le moral des habitants.

Article rédigé par
Benjamin Illy et Benjamin Thuau - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Anastasia a perdu son fils de 9 ans lors d'une frappe des russes dans le centre de Zelenodolsk à 15 km de la ligne de front. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Reprendre Kherson, la grande ville du sud de l'Ukraine, aux mains des Russes depuis le début de la guerre, est l'objectif de l'armée ukrainienne qui a lancé fin août une contre-offensive. Pour les habitants près de cette ligne de front, l'espoir est malheureusement vite chassé par l'horreur des bombardements.

"On n'avance pas aussi vite qu'on le voudrait"

Dans la région de Dnipropetrovsk, les combats font rage ce mercredi 7 septembre, à une quinzaine de kilomètres à vol d'oiseau de la petite ville de Zelenodolsk. Là, comme dans les environs, les véhicules de l'armée sont partout.

Les rues de Zelenodolsk, dans la région de Dnipropetrovsk, à 15km de la contre-offensive menée par les Ukrainiens. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Ivan, médecin militaire, livre quelques mots sur les opérations en cours : "On n'avance pas aussi vite qu'on le voudrait, déplore-t-il. Il y a de gros obstacles : ce sont les zones minées, les forêts minées, les mines antipersonnel laissées par les Russes. Beaucoup de pièges... Donc nous avons des pertes." 

"On a le moral, poursuit Ivan. Les gars comprennent que c'est le bon moment pour libérer ces territoires. La victoire sera là !"

Ivan

à franceinfo

Avant la victoire, il y a encore la réponse des Russes : leurs frappes, leurs bombardements et des drames. Anastasia vient de perdre son fils. "Il avait neuf ans, raconte la maman, en pleurs. C'était samedi dernier, vers 14 heures. On était sur un banc, on jouait avec les chiens et à ce moment-là, on a entendu crier de nous mettre au sol. Il y avait tellement d'explosion que je ne pouvais plus lever la tête. Puis j'ai vu du sang, et les yeux révulsés de mon fils."

"Après l'explosion, l'ambulance militaire est venue. On m'a dit que mon fils respirait encore, mais aucun mot ne sortait de sa bouche..."

Anastasia

à franceinfo

Anastasia soutient la contre-offensive : "Il faut que tout cela se termine, supplie-t-elle. Il ne faut plus laisser les civils souffrir, c'est injuste. Ne laissez pas mourir les enfants ! Mes enfants étaient heureux ce jour-là." Anastasia montre les chaussures de son fils, ensanglantées. Son frère jumeau est là, et il aimerait qu'on lui rende son frère, et que la guerre se termine. Sa maman s'allonge au sol pour nous montrer comment son fils s'est caché derrière un banc pour se protéger, avant d'être touché. Puis les sirènes, dehors, retentissent, prélude lugubre aux bombardements. Chacun court se réfugier.

Le reportage à Zelenodolsk de Benjamin Illy et Benjamin Thuau
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