Guerre en Ukraine : l'armée russe dit avoir entamé son retrait dans la région de Kherson

Le retrait des troupes russes, annoncé mercredi par Moscou, implique le départ de la seule capitale régionale prise par le Kremlin en territoire ukrainien.

Le président russe, Vladimir Poutine, lors d\'une cérémonie à Moscou, le 9 novembre 2022.
Le président russe, Vladimir Poutine, lors d'une cérémonie à Moscou, le 9 novembre 2022. (SERGEI BOBYLYOV / SPUTNIK / AFP)
Ce qu'il faut savoir

L'armée russe a annoncé, jeudi 10 novembre, avoir entamé son retrait de la région de Kherson pour se repositionner sur la rive orientale du fleuve Dniepr. Cette région du sud de l'Ukraine est la cible d'une contre-offensive des forces de Kiev. "Des unités du contingent de troupes russes manœuvrent vers des positions aménagées sur la rive gauche [à l'est] du fleuve Dniepr, conformément au plan approuvé" mercredi, a déclaré le ministère de la Défense russe dans un communiqué. Ce retrait implique un départ de la seule capitale régionale prise par le Kremlin depuis le début de son offensive fin février en Ukraine. Ce recul "serait une nouvelle victoire" pour Kiev, a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg. Ce direct est désormais terminé.

L'armée ukrainienne dit avoir repris douze localités dans la région de Kherson. C'est ce qu'a annoncé jeudi son commandant en chef, Valery Zaloujny. "Au cours de la journée précédente, des unités des forces de défense ont avancé de 7 kilomètres, prenant le contrôle de six localités dans la direction de Petropavlivka-Novoraïsk", a-t-il écrit sur Telegram, ajoutant que l'armée ukrainienne avait repris également "le contrôle de six localités dans la direction de Pervomaïske-Kherson", soit un total de plus de 260 kilomètres carrés.

Vladimir Poutine absent du sommet du G20. Après des mois d'incertitudes, le Kremlin a confirmé que le président russe ne se rendra pas au sommet du G20 en Indonésie, les 15 et 16 novembre. "Je peux confirmer que Sergueï Lavrov [le ministre des Affaires étrangères] va diriger la délégation russe au G20", a déclaré Yulia Tomskaya, cheffe du protocole de l'ambassade de Russie en Indonésie. Lors de ce sommet, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pourrait s'exprimer à distance. 

 Plus de 100 000 Russes seraient morts depuis février. Plus de 100 000 militaires russes ont été tués ou blessés depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, a estimé le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, ajoutant que les pertes étaient probablement du même ordre côté ukrainien. Les chiffres avancés par ce haut-gradé, qui n'ont pas pu être confirmés de manière indépendante, sont les plus précis fournis à ce jour par Washington.

 Volodymyr Zelensky appelle les Ukrainiens à l'"extrême prudence". Le président ukrainien a appelé mercredi soir ses concitoyens à "tout gagner" : "L'ennemi ne nous fait pas de cadeau, ne manifeste pas de 'geste de bonne volonté'. Nous devons donc faire preuve d'une extrême prudence, sans émotions, sans prise de risque inutile, afin de libérer toute notre terre avec des pertes aussi minimes que possible".

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #UKRAINE

00h17 : On rembobine les titres de la soirée :

• Un policier a été tué et un autre blessé dans une attaque au couteau à Schaerbeek, un quartier situé dans le nord de la capitale belge, en début de soirée. Le principal suspect a été transporté à l'hôpital. Le parquet fédéral belge a été saisi de l'enquête en raison d'une "suspicion de motif terroriste".

• La France va permettre au navire humanitaire Ocean Viking, à la recherche d'un port depuis deux semaines avec 234 migrants naufragés à son bord, d'accoster au port militaire de Toulon demain matin. Neuf pays ont déjà accepté d'accueillir deux tiers de ces migrants, a assuré Gérald Darmanin sur TF1.

• La mobilisation en faveur des hausses de salaires a rassemblé 30 400 personnes dans la rue, selon le ministère de l'Intérieur, et plus de 100 000, selon la CGT.

• L'armée russe dit avoir entamé son retrait de la ville de Kherson et de la rive occidentale du fleuve Dnipro, décidé hier par le ministre russe de la Défense. Voici ce qu'il faut retenir de cette journée de guerre.

Ce direct est désormais terminé. Il reprendra vendredi à 9 heures.

23h03 : "Ce n'est pas l'ennemi qui se retire, ce sont les Ukrainiens qui chassent l'occupant en en payant le prix"

L'Ukraine a annoncé la reconquête d'une douzaine de villages dans la région de Kherson, dans le sud du pays, où Moscou a confirmé avoir entamé son repli. "Cela a été obtenu par le courage, dans la douleur et avec des pertes", a ajouté le président ukrainien.

22h41 : Les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle tranche d'aide militaire à l'Ukraine, avec notamment des missiles supplémentaires pour la défense antiaérienne de Kiev, pour une valeur totale de quelque 400 millions de dollars (un montant équivalent en euros). Cette nouvelle tranche d'aide porte à plus de 18,6 milliards de dollars l'assistance militaire des Etats-Unis à l'Ukraine depuis le début de l'offensive russe.

20h49 : Voici un nouveau point sur l'actualité :

• La mobilisation en faveur des hausses de salaires a rassemblé 30 400 personnes dans la rue, selon le ministère de l'Intérieur, et plus de 100 000, selon la CGT.

• La France va permettre au navire humanitaire Ocean Viking, à la recherche d'un port depuis deux semaines avec 234 migrants naufragés à son bord, d'accoster au port militaire de Toulon demain matin. Neuf pays ont déjà accepté d'accueillir deux tiers de ces migrants, a assuré Gérald Darmanin sur TF1.

• Le président américain Joe Biden rencontrera pour la première fois de son mandat son homologue Xi Jinping, lundi à Bali, en Indonésie, en marge du sommet du G20, a annoncé la Maison Blanche.

L'ONG Amnesty International pointe du doigt des transferts forcés et des déportations de civils ukrainiens vers la Russie dans un nouveau rapport. On vous en dit plus par ici.

19h07 : L'ONG Amnesty International pointe du doigt des transferts forcés et des déportations de civils ukrainiens vers la Russie dans un nouveau rapport. Elle dénonce notamment leur caractère contraint, sans alternative, et le processus de "filtration" imposé aux populations concernées. On vous en dit plus par ici. Des militaires russes pendant une évacuation de civils à Marioupol (Ukraine), le 24 mars 2022. (STRINGER / ANADOLU AGENCY / AFP)(STRINGER / ANADOLU AGENCY / AFP)

18h04 : Il est l'heure de faire un point sur les principales infos de ce jeudi :

La France va permettre au navire humanitaire Ocean Viking, à la recherche d'un port depuis deux semaines avec 234 migrants naufragés à son bord, d'accoster au port militaire de Toulon demain matin. Gérald Darmanin a dénoncé l'attitude de l'Italie, qui a refusé d'accueillir le bateau, et annoncé des mesures de rétorsion.

• Le réseau de transports en commun parisien est très perturbé, et une partie des lignes de métro ne fonctionnent pas, en raison d'une grève au sein de la RATP.


• L'armée russe dit avoir entamé son retrait de la ville de Kherson et de la rive occidentale du fleuve Dnipro, décidé hier par le ministre russe de la Défense. Une annonce face à laquelle l'Ukraine et la communauté internationale avaient affiché leur scepticisme. On analyse ce tournant de la guerre.

17h44 : "Les Ukrainiens sont donc dubitatifs devant tout ce qui vient du Kremlin. D'un point de vue militaire, pourtant, on voit bien que toutes les conditions d'un retrait sont mises en place. Il y a probablement une posture de la part de Kiev, qui consiste à accentuer un message de prudence, car les Ukrainiens ont bien conscience que la reprise de Kherson ne va pas se faire du jour ou lendemain."

Moscou a affirmé hier avoir entamé le retrait de la ville de Kherson. Ulrich Bounat a analysé pour franceinfo les implications de ce retrait pour la suite de la guerre, et notamment les raisons pour lesquelles l'Ukraine continue de mettre en doute la réalité de cette annonce.

16h24 : "Aujourd'hui, les Ukrainiens considèrent que les Russes ont une responsabilité collective pour ce qui arrive, y compris ceux qui s'opposent à la guerre en quittant le pays. (...) On assiste à quelque chose de très radical qui, pour les Ukrainiens, relève d'un génocide, et on ne se remet pas d'un génocide avec un accord de paix."


Hier dans "Le Talk", notre émission quotidienne sur la plateforme Twitch,, la chercheuse Anna Colin Lebedev décrivait la perception très différente de l'invasion de l'Ukraine par la société ukrainienne et par la société russe, qui complique les perspectives de paix. Voici un résumé des débats, auxquels étaient aussi conviées deux journalistes de franceinfo qui couvrent le conflit.

14h16 : Rappelons les principales infos de ce jeudi 10 novembre :

La France va permettre au navire humanitaire Ocean Viking, qui transporte 234 migrants secourus en Méditerranée et à la recherche d'un port depuis deux semaines, d'accoster au port militaire de Toulon demain matin. Gérald Darmanin a dénoncé l'attitude de l'Italie, qui a refusé d'accueillir le bateau. Il a annoncé la suspension d'un accord de répartition des réfugiés avec Rome et le reste de l'UE.

• Le réseau de transports en commun parisien est très perturbé, et une partie des lignes de métro ne fonctionnent pas, en raison d'une grève au sein de la RATP. La CGT a lancé un appel à un mouvement de grève interprofessionnel, pour réclamer des hausses de salaires face à l'inflation, et organise une manifestation à Paris.


• L'armée russe dit avoir entamé son retrait de la ville de Kherson et de la rive occidentale du fleuve Dnipro, décidé hier par le ministre russe de la Défense. Une annonce face à laquelle l'Ukraine et la communauté internationale avaient affiché leur scepticisme.

13h48 : "Ce qui est clair, c'est que la Russie est sous forte pression et s'ils quittent Kherson, ce serait une nouvelle victoire pour l'Ukraine", se félicite le patron de l'Otan, Jens Stoltenberg, qui s'exprime à Rome après une rencontre avec la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni. Il reste cependant prudent sur la réalité de ce retrait : "Nous devons voir comment la situation sur le terrain évolue dans les prochains jours."

13h48 : De hauts représentants de l'ONU vont rencontrer le vice-ministre des Affaires étrangères russe demain à Genève (Suisse) pour discuter des accords sur les exportations de céréales et d'engrais russes. La poursuite de ces exportations malgré les sanctions contre la Russie devait être le corollaire de l'accord permettant l'exportation des céréales ukrainiennes, mais Moscou affirme que des blocages subsistent.

13h10 : Le commandant en chef de l'armée ukrainienne affirme par ailleurs que ses troupes ont repris douze localités de la région de Kherson hier.

14h06 : "Des unités du contingent de troupes russes manœuvrent vers des positions aménagées sur la rive gauche du fleuve Dnipro, conformément au plan approuvé", affirme le ministère de la Défense russe dans un communiqué. L'Ukraine et ses alliés internationaux avaient affiché leur scepticisme sur la réalité du retrait russe après son annonce hier. Une interrogation partagée par les habitants de Kherson contactés par notre journaliste Agathe Mahuet.

14h06 : L'armée russe affirme avoir commencé son retrait de la ville de Kherson et de la rive occidentale du fleuve Dnipro, au lendemain de l'annonce du ministre de la Défense russe.

13h33 : Il est midi ! L'heure de faire un point sur l'actualité de cette matinée :

Le gouvernement a annoncé l'évacuation sanitaire de quatre passagers à bord du navire humanitaire Ocean Viking, bloqué en Méditerranée avec 234 migrants à bord et objet d'un bras de fer entre la France et l'Italie. Parmi les quatre personnes débarquées, il y a trois migrants "dans un état de santé grave" et un accompagnateur, selon SOS Méditerranée. Suivez la situation dans notre direct.

Vladimir Poutine ne se rendra pas au sommet du G20 à Bali la semaine prochaine, signe d'un isolement diplomatique croissant depuis le lancement de son offensive en Ukraine. Par ailleurs, les autorités ukrainiennes se montrent circonspectes après l'annonce du retrait des forces russes de Kherson, s'attendant à devoir continuer à se battre pour reconquérir cette capitale régionale. Suivez notre direct.

Peu de métros circulaient ce matin à Paris en raison d'une grève à l'appel de l'ensemble des syndicats de la RATP pour des hausses de salaires et une amélioration des conditions de travail. A la SNCF en revanche, le mouvement soutenu par la seule CGT-Cheminots s'annonce bien moins suivi, avec un trafic normal des TGV et légèrement perturbé pour les Intercités. Suivez notre direct.

Elles avaient à peine pu remettre le bec dehors : les volailles de plein air doivent de nouveau être confinées partout en France face à la menace grandissante de la grippe aviaire. Selon des chiffres du ministère de l'Agriculture, plus de 770 000 volailles françaises ont été euthanasiées depuis le 1er août pour tenter d'endiguer l'épizootie.

13h34 : "Tant que le pouvoir russe n'a pas changé de logique et d'intention, toute négociation, tout cessez-le-feu, tout gel du conflit armé nous préparent juste à une guerre future encore plus sanglante", analyse Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, invitée du Talk franceinfo sur Twitch hier.

10h32 : Les troupes ukrainiennes ont repris la localité de Snihourivka, dans la région de Mykholaïv, à 50 kilomètres au nord de Kherson. L'état-major ukrainien n'a pas encore confirmé officiellement la nouvelle.

09h17 : Membre de l'Otan, la Turquie ne s'est pas associée aux sanctions contre la Russie, tout en affirmant son soutien à l'Ukraine. Ankara tente de maintenir une position de médiateur entre Kiev et Moscou. Recep Tayyip Erdogan a également ordonné le mois dernier à son gouvernement de commencer à travailler sur le "hub gazier" que lui a proposé Vladimir Poutine, pour exporter le gaz russe vers l'Europe.

09h16 : Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, explique qu'il a convaincu son homologue russe Vladimir Poutine de revenir dans l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes grâce à "la confiance et la solidarité" instaurées entre eux. (Murat Kula / ANADOLU AGENCY / AFP)

11h53 : Il est 9 heures ! Faisons un point sur l'actualité :

Il n'y aura pratiquement aucun métro en circulation aujourd'hui à Paris en raison d'une grève à l'appel de l'ensemble des syndicats de la RATP, qui s'annonce très suivie. La RATP invite tous ceux qui le peuvent à rester chez eux en télétravail. A la SNCF en revanche, le mouvement soutenu par la seule CGT-Cheminots s'annonce bien moins suivi et les perturbations bien plus modérées. Suivez notre direct.

Les autorités ukrainiennes se montrent circonspectes après l'annonce du retrait des forces russes de la ville stratégique Kherson. Kiev s'attend à devoir continuer à se battre pour reconquérir cette capitale régionale prise par Moscou au début de son offensive. Suivez notre direct.

Près de neuf mois après le début de l'invasion, le conflit a fait plus de 100 000 morts ou blessés au sein des armées des deux camps, et une victoire militaire est "probablement" impossible pour Kiev comme pour Moscou, selon les déclarations du chef d'état-major américain, le général Mark Milley.

"La règle européenne, c'est que le bateau doit débarquer dans le port le plus proche, qui est un port italien. Les Italiens doivent donc respecter la règle européenne", a rappelé ce matin sur France 2 le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, à propos du navire humanitaire Ocean Viking, qui fait l'objet d'un bras de fer entre Paris et Rome depuis plusieurs jours.

Le niveau de risque de la grippe aviaire a été porté de "modéré" à "élevé" sur l'ensemble du territoire métropolitain, contraignant les éleveurs à confiner leurs volailles. Un foyer a notamment été découvert dans le Gard la semaine dernière. Quelques semaines plus tôt, un autre foyer avait été détecté en Dordogne, le premier dans le sud-ouest du pays.