L'Irlande dévoile un plan de 1,2 milliard d'euros pour atténuer les effets d'un Brexit sans accord

La moitié de cette somme serait injectée dans des secteurs importants pour l'économie de la République d'Irlande, comme l'agriculture ou le tourisme, qui souffrirait d'un rétablissement de la frontière avec la province britannique d'Irlande du Nord.

Le ministre des Finances irlandais, Paschal Donohoe, avant la présentation du budget 2020 au Parlement, mardi 8 octobre 2019 à Dublin (Irlande).
Le ministre des Finances irlandais, Paschal Donohoe, avant la présentation du budget 2020 au Parlement, mardi 8 octobre 2019 à Dublin (Irlande). (PAUL FAITH / AFP)

Le ministre des Finances irlandais, Paschal Donohoe, a annoncé un plan de soutien massif pour l'économie de son pays s'élevant à 1,2 milliard d'euros afin d'atténuer l'impact d'un Brexit sans accord. Ce scénario représente "le risque le plus pressant et immédiat pour notre économie" et une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord "serait très difficile", a-t-il déclaré lors d'une allocution au Parlement, mardi 8 octobre.

Le ministre a donc choisi de prendre les devants et d'augmenter le niveau de soutien à l'économie par rapport aux aides déjà mises en place. La moitié du montant évoqué, soit 600 millions d'euros, serait injectée dans des secteurs clés de l'économie de la République d'Irlande, comme l'agriculture ou le tourisme, afin d'absorber le choc d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE sans filet.

"C'est un budget sans précédent (...) mais ce sont des heures sans précédent", a souligné le ministre, précisant que "les perspectives pour le Brexit s'orientent à présent vers une sortie sans accord", ce qui, pour lui, ne veut toutefois pas dire que ce scénario redouté par Dublin est "inévitable".

Nous ferons face aux défis d'un Brexit sans accord en position de force (...). Nous sommes prêts.Paschal Donohoe, ministre des Finances irlandaislors d'une allocution au Parlement

Un Brexit sans accord, qui rétablirait des frontières physiques entre l'Irlande – membre de l'UE – et l'Irlande du Nord – province qui fait partie du Royaume-Uni – pourrait priver 55 000 Irlandais de travail et faire plonger le Produit intérieur brut (PIB) du pays de 6%, selon des données gouvernementales. Politiquement, le retour des frontières menacerait aussi la paix en Irlande du Nord, après des décennies d'un conflit sanglant entre catholiques républicains et unionistes protestants.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a promis un Brexit "coûte que coûte" le 31 octobre, avec ou sans accord avec l'UE. Les négociations avec Bruxelles sont dans l'impasse, à trois semaines de l'échéance.