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Vote sur l'indépendance : au moins 1,6 million de Catalans disent "oui"

Le référendum symbolique qui s'est tenu dimanche en Catalogne représente un succès pour les indépendantistes, tant en termes de participation que d'image. 

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France Télévisions
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Une femme, accompagnée de ses filles habillées aux couleurs de la Catalogne, participe au processus participatif sur l'indépendance de la Catalogne, dimanche 9 novembre, à Barcelone (Espagne).  (EVRIM AYDIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Consultation symbolique certes, mais pari réussi pour les nationalistes catalans. Malgré l'opposition du gouvernement central de Madrid, 80,7% de Catalans ont voté pour l'indépendance de la Catalogne, sur un peu plus de deux millions de votants (pour 5,4 millions d'électeurs), dimanche 9 novembre, annoncent El Pais (en espagnol) et France 24. Après dépouillement de 88,4% des bulletins, plus de 1,6 million personnes ont voté "oui" aux questions "Souhaitez-vous que la Catalogne soit un Etat ?" et "Si oui, souhaitez-vous qu'il soit indépendant ?", a annoncé Joana Ortega, vice-présidente de l'exécutif.

Cette consultation n'a pas de valeur de légale et n'a aucune conséquence sur l'avenir immédiat de la Catalogne et de l'Espagne. Mais, pour les forces indépendantistes et pour l'exécutif local, ce vote sans précédent, réclamé depuis des années, est une réussite. En voici les deux raisons principales. 

Une participation consistante pour faire réagir Madrid

"Ce n'est ni un référendum, ni une consultation, ni rien qui y ressemble. (...) Ce qui est certain, c'est que cela n'aura aucun effet", a tenté de relativiser samedi le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy. Mais il lui sera difficile de faire comme si rien ne s'était passé. Interdite à deux reprises par le Tribunal constitutionnel espagnol saisi par le gouvernement central, la consultation devait être réduite à peau de chagrin. Il ne restait qu'aux indépendantistes la démonstration de force, une participation consistante pour être crédibles. Ils s'étaient fixé pour objectif deux millions de participants, le pari est plus que réussi : les deux millions de votants ont été atteints deux heures avant la fermeture des bureaux de vote. 

Le président de la Généralitat de Catalogne, Artur Mas, vote en présence des journalistes venus du monde en entier.  (ALBERT GEA / REUTERS)

Lundi, le président de la région, Artur Mas (nationaliste de centre-droite), a prévu d’envoyer une lettre pour "faire le bilan" de la consultation symbolique. Il demandera à nouveau la tenue d’un "référendum définitif". Il pourrait aussi convoquer des élections régionales anticipées, avec l'espoir qu'elles soient plébiscitaires pour les partis indépendantistes. Et brandit la menace à terme d'une déclaration unilatérale d’indépendance. Si Mariano Rajoy se montre intransigeant face aux indépendantistes catalans depuis qu'il est au pouvoir, contraint notamment par sa base conservatrice très unioniste, le Premier ministre va incontestablement devoir reprendre le chemin du dialogue avec Barcelone.

Un symbole fort envoyé au monde

A défaut d'un scrutin irréprochable, sans commission de vote ni liste électorale, les partisans de l'indépendance ont réussi l'organisation d'une consultation sans faute. Dans une ambiance pacifique et bon enfant, de longues files d'attente se sont formées à travers la Catalogne.

Des Barcelonais font la queue dans un gymnase pour participer à la consultation sur l'avenir de la Catalogne.  (ALBERT GEA / REUTERS)

Face aux médias venus du monde entier, l'image est forte. En dépit des deux interdictions de Madrid, un peuple s'exprime démocratiquement et pacifiquement pour défendre un droit fondamental bafoué, selon les sécessionnistes. C'est le symbole que les organisations nationalistes souhaitaient envoyer.

Des Catalans font la queue pour participer à la consultation sur l'avenir de la Catalogne, dimanche 9 novembre 2014, à Mataro, près de Barcelone.  (GUSTAU NACARINO / REUTERS)

Une image qu'il convient toutefois de relativiser : seule la moitié environ des bureaux de vote traditionnels étaient ouverts, donnant une impression d'engorgement. Et, détail non négligeable, les partisans du maintien de la Catalogne en Espagne ont boycotté la consultation dans leur immense majorité. 

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