Espagne : pour la première fois de son histoire, le pays compte plus d'athées et non-croyants que de catholiques pratiquants

Les catholiques ne vont plus à la messe, indique un rapport sur la société espagnole.

Los Cuatro Postes, datant du 16ème siècle, à Avila, en Castile-et-Léon, en Espagne, photographiée le 11 juillet 2019.
Los Cuatro Postes, datant du 16ème siècle, à Avila, en Castile-et-Léon, en Espagne, photographiée le 11 juillet 2019. (MANUEL COHEN / AFP)

Une première en Espagne. Pour la première fois dans l'histoire du pays, il y a plus d'athées, agnostiques et non-croyants que de catholiques pratiquants, pointe le dernier rapport du Centre de recherche en sociologie espagnol (CIS), publié mardi 30 juillet.

Deux tiers des Espagnols se déclarent catholiques, mais seulement 22,7% de ces croyants disent aller à la messe ou se confesser régulièrement. Ce chiffre chute à 10,9% en Catalogne, alors que La Rojia, au sud du Pays basque, compte encore 40% de catholiques pratiquants. De manière générale, cette sécularisation de la société espagnole touche principalement les régions les plus industrialisées et où les cutlures se mélangent davantage comme la Catalogne, Madrid ou le Pays basque.

"L'Espagne a cessé d'être catholique"

Les données publiées par le CIS font réagir les médias espagnols. "Ces chiffres, 80 ans plus tard, donnent finalement raison à Manuel Azana : l'Espagne a cessé d'être catholique", annonce El Diario. En octobre 1931, Manuel Azana, alors président du gouvernement provisoire espagnol prononce cette phrase qui restera dans les mémoires lors d'un discours de politique générale. Républicain convaincu, il mène une politique laïque radicale : séparation des Eglises et de l'Etat, suppression de l'enseignement catholique et, entre autres, nationalisation des édifices religieux.

L'Espagne suit finalement la tendance européenne, où la majorité des catholiques sont non-pratiquants. Alors que le Vieux continent est le berceau du christianisme, l'Europe occidentale est de plus en plus laïque