Scandale du chlordécone : les cancers de la prostate provoqués par le pesticide désormais reconnus comme maladie professionnelle

Les agriculteurs concernés pourront prétendre à un fonds d'indemnisation des victimes s'ils ont travaillé pendant 10 ans au contact du chlordécone et s'ils ont été malade moins de 40 ans après y avoir été exposé.

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Plantation de bananes et de canne à sucre en Martinique, le 24 juin 2021. (FANNY FONTAN / HANS LUCAS / AFP)

C'est un dossier extrêmement sensible aux Antilles depuis des années. Les cancers de la prostate liés à l'exposition au chlordécone, ce pesticide largement utilisé dans les bananeraies de 1972 à 1993, sont désormais reconnus comme une maladie professionnelle, selon un décret publié mercredi 22 décembre au Journal officiel. Cette mesure s'inscrit dans une série d'actions menées par l'Etat pour réparer ce "scandale environnemental", selon les mots d'Emmanuel Macron. En 2020, un fonds avait ainsi été créé pour indemniser les personnes atteintes de maladies liées aux pesticides. 

Le chlordécone a été autorisé entre 1972 et 1993 dans les bananeraies des Antilles et a infiltré les sols pour des centaines d'années, polluant les eaux et les productions agricoles, alors que sa toxicité et son pouvoir persistant dans l'environnement étaient connus depuis les années 1960. Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et en Martinique est actuellement contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France.

Le gouvernement n'a pas estimé combien de personnes pourraient être concernées par ces indemnisations, ni sur leur montant total. Mais tous les exploitants ou salariés agricoles pourront demander ce statut à deux conditions : qu'ils aient travaillé pendant au moins dix ans au contact du chlordécone, et que moins de quarante ans se soient écoulés entre leur dernière exposition et le diagnostic de cancer de la prostate.

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