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Du sexe contre un téléphone : des Casques bleus mis en cause par un rapport de l'ONU

Des Casques bleus ont échangé de l'argent ou des téléphones contre des faveurs sexuelles de centaines de femmes en Haïti et au Liberia indique un rapport interne des Nations unies.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Un Casque bleu, à Port-au-Prince, en Haïti, le 11 mars 2014. (HECTOR RETAMAL / AFP)

C'est un sérieux coup de canif dans l'image des Casques bleus. Certains ont échangé de l'argent ou des téléphones contre des faveurs sexuelles de centaines de femmes en Haïti et au Liberia, indique un rapport interne des Nations unies révélé jeudi 11 juin.

L'expérience des missions de paix de l'ONU en Haïti (Minustah) et au Liberia (Unmil) "démontre que ces échanges à caractère sexuel sont répandus et pas assez dénoncés", souligne le rapport des services de contrôle interne de l'ONU (OIOS). Le document, encore confidentiel et daté du 15 mai, a été obtenu par l'AFP et doit être publié sous sa forme définitive la semaine prochaine.

A Haïti comme au Liberia

Selon le rapport de l'OIOS, 231 femmes haïtiennes ont indiqué avoir eu des relations sexuelles avec des Casques bleus en échange de services ou de biens matériels (chaussures, vêtements, téléphones, ordinateurs portables, parfums). Pour les femmes en zone rurale, ce sont "la faim, le manque d'abri et la pénurie de produits de première nécessité et de médicaments qui sont fréquemment cités comme facteur déclenchant".

Selon une autre enquête menée à Monrovia auprès d'un échantillon de 489 femmes âgées de 18 à 30 ans, "plus d'un quart (...) avaient procédé à des transactions sexuelles avec les Casques bleus, généralement pour de l'argent".

Tolérance zéro ?

Il s'agit d'une violation flagrante des règles des Nations unies, qui affirment pratiquer une "politique de tolérance zéro" envers les abus sexuels dans leurs missions et "réprouver fermement les relations sexuelles" entre les Casques bleus et les populations qu'ils protègent.

La divulgation de ce rapport intervient quelques jours après la décision du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de lancer une enquête externe indépendante sur la façon dont l'organisation internationale a géré une affaire d'agressions sexuelles présumées d'enfants en République centrafricaine par des soldats étrangers, notamment français, non mandatés par l'ONU.

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