"Il voulait gagner tous les matches" : l’adolescent Kim Jong-un, un mordu de basket aux notes moyennes, témoigne un de ses anciens camarades de classe

Le leader nord-coréen a étudié cinq ans en Suisse lorsqu’il était adolescent, dans les années 1990. Franceinfo a retrouvé l’un de ses camarades d'école.

Kim Jung-un a passé cinq ans en Suisse pour étudier, dans les années 1990.
Kim Jung-un a passé cinq ans en Suisse pour étudier, dans les années 1990. (STR / KCNA VIA KNS)

À l'époque on l'appelle juste, "Un" et il habite à côté de Berne, dans un appartement modeste. Lundi 11 juin, à la veille du sommet historique entre Kim Jong-un et Donald Trump mardi à Singapour, franceinfo dresse un portrait du leader nord-coréen, inaccessible et difficile à cerner. Dans les années 1990, l'adolescent est envoyé étudier cinq ans en Suisse : l'un de ses anciens camarades de classe, que franceinfo a retrouvé, se souvient de Kim Jong-un comme d'un mordu de basket.

"Il s'est intégré en quelques jours"

Nikola Kovacevic se rappelle très bien de l'arrivée de cet élève dans son école. "Notre professeur nous a dit que nous allions avoir un nouvel élève qui venait de Corée du Nord, se souvient-il. Et qu'il était le fils de l'ambassadeur. Une fois qu'il est arrivé, il s'est intégré en quelques jours."

Personne ne sait alors qui il est réellement. Le régime nord-coréen tient à ce qu'il reste anonyme. En classe, l'adolescent est calme, introverti. Ses notes sont moyennes. Il a une passion, voire une obsession : le basket. Et c'est sur un terrain qu'il montre sa vraie personnalité, raconte Nikola. "Il voulait gagner tous les matches, explique-t-il. Il avait un jeu agressif. Il n'était pas méchant avec les autres joueurs mais il jouait avec beaucoup de passion. On voulait tous être dans son équipe parce qu'il était très bon, notamment pour tirer les paniers à trois points."

Grand supporter des Chicago Bulls

Fan des Chicago Bulls, il porte tous les jours des tee-shirts de son équipe de basket préférée, se rappelle Nikola. Une passion cultivée en Suisse qui ne le quittera jamais. Quelques années plus tard, quand il deviendra Kim Jong-un, il invitera Dennis Rodman, ancien joueur des Bulls à Pyongyang. Le basketteur, également ami de Donald Trump, sera à Singapour mardi pour le sommet. Nikola lui n'en revient toujours pas de voir son ancien copain à la tête d'une puissance nucléaire. Mais il se souvient de la manière dont "Un" parlait de son pays à l'époque.

"Je me souviens qu'il m'a dit que la Corée du Nord allait devenir un grand pays, très développé, indique Nikola. Que c'était un pays avec énormément de potentiel. Il en a parlé pendant cinq minutes au moins. Moi je pense que la Corée du Nord a le potentiel pour devenir aussi développée technologiquement que la Corée du Sud mais la politique l'empêche d'avoir autant de succès."

Et vingt ans après ?

Vingt ans après cette conversation, la vision de l'adolescent "Un" va-t-elle rencontrer celle du leader Kim Jong-Un ? Le pays s'ouvre petit à petit et espère que la rencontre avec Donald Trump permettra un allègement des sanctions de l'ONU qui freine son développement économique. Le dirigeant nord-coréen devra pour cela accepter une dénucléarisation : il pourrait en échange demander des transferts de technologies pour enfin, peut-être, pense-t-il, révéler le potentiel dont il parlait lors de ses années suisses.

L’adolescent Kim Jong-un, un mordu de basket aux notes moyennes, témoigne un de ses anciens camarades de classe - un reportage d'Elise Delève
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