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L'amande, vedette des grignotages, nouvel or blanc de Californie

Nouvelle coqueluche des grignoteurs asiatiques, l'amande de Californie assure 84% de la production mondiale avec 6.000 plantations. Malgré des prix qui ont doublé en trois ans, l'intérêt est toujours soutenu. Les Chinois ont essayé de se lancer dans la production, mais ils n'ont pas le bon climat pour cela.
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France Télévisions
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Amandiers en Californie (AFP/BIOSPHOTO/MICHEL GUNTHER/MAU)
La montée en puissance des classes moyennes en Inde ou en Chine accroît symétriquement le nombre des amateurs de ces douceurs, principalement pour la consommation de «snacks», des en-cas à grignoter entre les repas, et des barres chocolatées. Elle bénéficie également de l'attrait pour un «produit sain». 

Forte demande, prix élevés
De fait, «les prix ont quasiment doublé en trois ans... tout le monde espérait encore un recul si on avait une bonne récolte en vue. Mais l'intérêt est  toujours aussi soutenu», rapporte à l'AFP Philippe Ranson. Cet importateur belge est rentré d'urgence de son voyage sur la côte ouest des Etats-Unis afin «de se couvrir pour l'été». D'autant plus que le ramadan, tombant en juin, provoquera une demande supplémentaire sur la fin de la récolte 2012. Urgent aussi de prévoir «au plus vite» les premiers embarquements des fruits récoltés fin septembre début octobre, destinés aux festivités de fin d'année.

Un tiers de la production californienne reste sur le marché américain, le reste part principalement vers l'Asie, dont plus de la moitié vers la Chine et l'Inde. Le Almond Board of California (ABC), qui avait exporté en 2006/2007, 316.000 tonnes, table cette saison sur un million de tonnes. Le record exceptionnel de 2012 sera battu. 


Un produit sain pour les classes aisées
Les spécialistes s'accordent à trouver une saveur unique à ce produit de l'agriculture californienne. Ce n'est pas John Talbott, spécialiste des marchés émergents au ABC qui va contredire ce jugement. «Au cours des cinq dernières années, nos exportations ont crû d'environ 12% par an et elles ont plus que doublé en dix ans. Mais elles ont augmenté de plus de 40% sur cinq ans en Chine», constate-t-il, expliquant l'accroissement de la demande par le plaisir «retiré d'une poignée d'amandes dans la main, un plaisir sain qui correspond à la recherche des classes moyennes chinoises ou indiennes qui commencent à se préoccuper de leur santé, de leur diabète». Un thème grandement exploité pour les campagnes promotionnelles.

L'engouement est patent en Asie: «En Inde, la demande a augmenté de 15% en 2012 et de 20% en cinq ans. En Corée, elle a grimpé de 29% en 2012.»
 
La Chine n'a pas adapté cette culture 
Les amandes poussent depuis toujours dans le bassin méditerranéen, en Italie, Espagne, Maroc, Israël et en Grèce, et l'Espagne est le 2e producteur mondial. Mais devant le succès rencontré, les Chinois se sont lancés dans la production. Sans réussite, car «c'est une culture très fragile, ils n'ont pas le bon clmat», juge M.Talbott. Un autre bon connaisseur estime que même avec beaucoup d'efforts «il faut compter cinq ans pour la  première récolte et dix à quinze ans pour une qualité acceptable sur le marché».

Profitant de ses atouts, la Californie augmente ses surfaces de 6.000 hectares d'une année sur l'autre, profitant des prix tirés à la hausse par la demande. Elle compte actuellement 324.000 hectares d'amandiers.  

L'amande ne connaîtra pas la crise
Qu'adviendra-t-il des prix ces prochaines années? Les spécialistes d'ABC estiment que la demande devrait se calmer en raison de l'augmentation des prix. Cependant, les prévisions pour 2021 prévoient une nouvelle expansion du secteur car une part importante de la population asiatique (83% des Chinois, 55% des Indiens, 46% des Bengladais et 64% des Vietnamiens) ainsi que 39% des Nigérians vont s'urbaniser et risquent de devenir «accros» à la douceur des amandes.

L'importateur belge Philippe Ranson avoue :«Si j'étais agriculteur dans la bonne région, je me mettrais moi aussi à planter des amandiers.»

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