Brésil : la démarcation des terres indigènes confiée au ministère de l'Agriculture

Pour les défenseurs des peuples autochtones, ce transfert de compétences dans la démarcation des terres revient à livrer les territoires ancestraux à l'appétit de l'agrobusiness.

Un champ agricole appartenant une réserve indienne au Brésil, le 24 avril 2018.
Un champ agricole appartenant une réserve indienne au Brésil, le 24 avril 2018. (UESLEI MARCELINO / REUTERS)

Pour son premier jour de mandat, le président brésilien Jair Bolsonaro a pris, mardi 1er janvier, une mesure polémique en plaçant sous la tutelle du ministère de l'Agriculture la démarcation des terres attribuées aux peuples autochtones. Auparavant, l'attribution de ces territoires réservés aux peuples autochtones était régulée par la Fondation de l'Indien (Funai). Pour les défenseurs de la cause indienne, ce transfert de compétences dans la démarcation des terres revient à livrer les territoires ancestraux à l'appétit vorace de l'agrobusiness.

D'autant que Jair Bolsonaro a confié le ministère de l'Agriculture à Tereza Cristina da Costa, qui défend les intérêts de l'agrobusiness. "Vous avez vu ? Le démantèlement a débuté. La Funai n'est plus responsable de l'identification, de la délimitation et de la démarcation des terres indigènes", a déploré sur Twitter la leader indienne Sonia Guajajara.


Jair Bolsonaro avait également l'intention de fusionner les ministère de l'Agriculture et de l'Environnement, mais a fait machine arrière en raison du tollé provoqué par cette perspective. Des représentants du lobby de l'agrobusiness ont eux-mêmes manifesté leur inquiétude, craignant des sanctions commerciales sur les produits agricoles brésiliens de la part de pays soucieux de la préservation de l'environnement.