Brésil : Jair Bolsonaro qualifie une nouvelle fois la presse de "pourrie", deux journaux menacés d'être privés de publicités

Le président d'extrême droite entend demander à des hommes d'affaires de ne pas faire de la publicité dans des médias qu'il juge hostiles à son gouvernement.

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, lors d\'une rencontre avec la fédération de l\'industrie de Sao Paulo, le 3 février 2020 à Sao Paulo (Brésil). 
Le président brésilien, Jair Bolsonaro, lors d'une rencontre avec la fédération de l'industrie de Sao Paulo, le 3 février 2020 à Sao Paulo (Brésil).  (MIGUEL SCHINCARIOL / AFP)

Nouvelle attaque politique contre les médias au Brésil. Le président brésilien d'extrême droite, Jair Bolsonaro, a qualifié la presse de "pourrie", jeudi 27 février, et va demander à des hommes d'affaires de priver deux médias d'annonces publicitaires. Au cours d'une semaine marquée par une chute de la Bourse, la dépréciation du real et la confirmation du premier cas de coronavirus Covid-19 au Brésil, Jair Bolsonaro a consacré l'essentiel de son intervention hebdomadaire à remettre en cause le travail des médias nationaux. Ces derniers, selon lui, cherchent à "le vaincre".

La première chose que la presse a comme règle générale, c'est le mensonge, je ne prétends pas, je l'affirme.Jair Bolsonarosur Facebook Live

Après avoir mis en cause le travail de journalistes travaillant pour des médias nationaux dans son émission diffusée en direct sur Facebook, Jair Bolsonaro a indiqué qu'il devrait rencontrer des hommes d'affaires à Sao Paulo. Il entend ainsi leur demander de ne pas faire de la publicité dans des médias tels que Folha de S. Paulo et Epoca, qu'il juge hostiles à son gouvernement.

Des attaques courantes contre les journalistes

Le président s'est illustré par une série d'attaques contre la presse, avant même son arrivée au pouvoir en janvier 2019. Il y a dix jours, Jair Bolsonaro a provoqué une vague d'indignation sans précédent, en insinuant qu'une journaliste du très respecté quotidien Folha de S. Paulo, Patricia Campos Mello, aurait tenté d'obtenir un scoop contre lui en échange de relations sexuelles avec sa source. En décembre, quand un journaliste lui a posé une question sur des accusations de corruption pesant contre son fils aîné, le sénateur Flavio Bolsonaro, il a répondu par un commentaire homophobe. "Tu as une tête terrible d'homosexuel !", lui a-t-il lancé.