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Boeing disparu : comment les enquêteurs s'organisent

Cela fait près de dix jours que le vol MH370 parti de Kuala Lumpur n'est plus localisé. Les recherches mobilisent plus de vingt pays, et s'étendent sur une très vaste zone, ce qui complique grandement la tâche des investigateurs.  

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France Télévisions
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Des soldats indonésiens participent aux recherches pour retrouver le Boeing de Malaysia Airlines disparu au-dessus du détroit de Malacca, le 12 mars 2014. (MAXPPP)

"Nous en sommes encore au début de l'enquête, bien qu'une semaine se soit écoulée depuis le décollage de l'avion". Anthony Brickhouse, membre de la Société internationale des enquêteurs sur la sécurité aérienne (Isasi), ne se fait pas d'illusions, dix jours après la disparition du Boeing 777 de Malaysia Airlines, qui a décollé de Kuala Lumpur samedi 8 mars : la tâche des enquêteurs est ardue. "Nous n'avons pas beaucoup d'indices : pas d'avion, pas d'épave, pas beaucoup de données électroniques provenant de l'appareil." 

Les opérations de recherche mobilisent vingt-deux pays. Comment s'organisent les enquêteurs pour tenter de retrouver la trace de l'avion, qui transportait 239 personnes ? Eléments de réponses.

Une dizaine de pays mobilisés en mer

Les recherches physiques se concentrent sur deux arcs, depuis le week-end du 15-16 mars : l'un va du nord de la Thaïlande au Kazakhstan, l'autre de l'Indonésie au sud de l'océan Indien. "La zone de recherche a été significativement élargie", à 3 200 milles marins (6 000 km) autour du dernier point de contact, au large de la Malaisie, selon Hishammuddin Hussein, le ministre des Transports malaisien. Le périmètre s'étend désormais aux eaux profondes.

Le couloir sud est jugé le plus vraisemblable par les analystes, qui soulignent que le couloir nord passe au-dessus de plusieurs pays, dont les radars militaires auraient forcément repéré un appareil. La Malaisie a également demandé à l'Inde de suspendre ses recherches dans le golfe du Bengale et près des îles Andaman-et-Nicobar, où les recherches s'étaient d'abord orientées. Les opérations ont aussi été abandonnées en mer de Chine.

A bord des petits avions qui participent aux recherches, quelques dizaines de mètres au-dessus des flots, les militaires font confiance à leurs yeux. Trois heures durant, ils parcourent la zone qui leur a été affectée, en alignant les longueurs, "un peu à la manière d'une tondeuse à gazon", note 20 Minutes.fr"A cause des reflets du soleil dans l'eau, on ne peut pas vraiment distinguer les choses bleues ou blanches, indique l'un d'entre eux à l'AFP. On cherche donc des bagages et des gilets de sauvetage, ou quelque chose qui soit marron ou noir."  

Des données à exploiter

La Malaisie a par ailleurs demandé des données satellites supplémentaires à plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Chine et la France. La dernière communication satellite du vol MH370, interceptée par un radar militaire, a été enregistrée à 08h11, l'avion ayant alors quasiment épuisé ses réserves de carburant. Malheureusement, ces données ne permettent pas de le géolocaliser. 

La France a envoyé trois enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), dimanche 16 mars, pour seconder les autorités malaisiennes et américaines sur place. "Le BEA est extrêmement compétent pour déchiffrer et décrypter les messages, qu'ils viennent du 'Cockpit Voice Recorder', qui enregistre les conversations, ou du 'Data Recorder', sur le comportement de l'avion", explique à BFMTV.com Gérard Feldzer, spécialiste en aéronautique.

Des perquisitions chez les deux pilotes

Les domiciles des deux pilotes malaisiens du vol MH370, le commandant Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, et son copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, ont été perquisitionnés. Les proches ou collègues des deux hommes ont témoigné de leur professionnalisme et de leur caractère équilibré. Le commandant avait chez lui un simulateur de vol, mais les experts du secteur aérien disent que ce n'est pas si rare chez les pilotes passionnés.

La police malaisienne enquête également sur les antécédents des 239 personnes qui ont embarqué dans le vol MH370, parmi lesquelles on compte quatorze nationalités différentes. "Certains pays n'ont pas encore répondu à nos demandes de renseignements", a reconnu le chef de la police, dimanche. Au total, vingt-cinq pays sont sollicités.

La Chine mécontente de l'enquête

Environ deux tiers des passagers de l'avion sont de nationalité chinoise. La Chine a exprimé son mécontentement quant au déroulé de l'enquête, samedi, et fait savoir qu'elle voulait des informations plus précises. Elle a indiqué qu'elle allait envoyer une équipe technique en Malaisie pour participer à l'enquête. L'agence Chine nouvelle a qualifié les détails donnés par le Premier ministre malaisien de "tardifs".

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