L'incroyable rumeur d'une invasion du Texas par l'armée américaine

Depuis le mois de mars, des milliers d'habitants du Texas sont persuadés que l'armée fédérale souhaite prendre le contrôle de leur Etat.

Un drapeau américain et un drapeau texan.
Un drapeau américain et un drapeau texan. (WILLY MATHEISL / DPA / AFP)

Non, l'armée américaine n'envisage pas d'envahir le Texas. La question, aussi saugrenue soit-elle, a pourtant été posée au secrétaire à la Défense américain, Ashton Carter, lors d'une conférence de presse, rapporte Le Monde dimanche 10 mai. Le démenti va-t-il étouffer à la folle rumeur ? Pas si sûr. Car elle est coriace : depuis le mois de mars, des milliers d'habitants du Texas sont persuadés que l'armée fédérale souhaite prendre le contrôle de leur Etat.

Tout commence début mars, lorsque l'armée annonce un projet baptisé Jade Helm 15, qui consiste en une série de manœuvres dans le sud des Etats-Unis. Sur internet fuite alors une carte de l'armée détaillant les exercices à venir durant l'été. Plusieurs zones, dont la totalité du Texas, y sont matérialisées comme "zones hostiles".

 

(WASHINGTON POST)

La presse américaine a beau se montrer rassurante, rien n'y fait : la théorie du complot se répand comme une trainée de poudre. Le 27 avril, un porte-parole de l'armée fait le déplacement à Bastrop, une petite ville près d'Austin, où une centaine de personnes lui réservent un accueil peu amène. Malgré ses explications, la défiance reste de mise. "Comment pouvons-nous être sûrs que vous nous dites la vérité ?", demande un habitant, porté par un tonnerre d'applaudissement.

Le lendemain, le gouverneur du Texas entre dans la danse. Loin de démentir ces affabulations, Greg Abott annonce le déploiement de la garde nationale du Texas pendant les exercices de Jade Helm 15, afin de vérifier que les manœuvres de l’armée n'empiètent pas sur les droits civiques des Texans, raconte Le Monde. Il n'est pas le seul à avoir jeté de l'huile sur le feu : plusieurs personnalités politiques, mais aussi Chuck Norris, ont publiquement alimenté la rumeur en suggérant que l'Etat fédéral ne disait pas toute la vérité à propos de cet exercice militaire.