Les grandes écoles françaises se tournent résolument vers le continent africain

HEC, Centrale, Essec... les grandes écoles françaises poussent leurs pions en Afrique, avec une nette préférence pour le Maroc, le Sénégal et la Côte d’ivoire. Après avoir misé sur l'Asie, ces écoles entendent profiter d'un marché en pleine expansion. Une alternative pour les étudiants africains qui n'ont pas les moyens de faire leurs études à Paris.

Le campus de l\'Essec, Business School au Maroc, inauguré en juin 2017, à proximité de la ville de Kénitra, à 20 km de la capitale Rabat.
Le campus de l'Essec, Business School au Maroc, inauguré en juin 2017, à proximité de la ville de Kénitra, à 20 km de la capitale Rabat. (FADEL SENNA / AFP)

Les grandes écoles françaises ne se contentent plus d'accueillir les étudiants africains dans l'Hexagone. Beaucoup s’implantent sur le sol africain pour capter ce "marché prometteur" et rayonner à l'international. Le nombre d’étudiants sur le continent devrait passer de 8 à 30 millions d’ici à 2030, selon une analyse démographique du cabinet Paxter pour qui de nombreux pays africains souffrent d'un déficit de formations supérieures.


Il ne se passe pas un mois sans qu’une école publique française ou privée (l’Ecole supérieure de gestion ou l'Ecole supérieure de génie informatique) n’annonce l'ouverture d'un campus ou d'un bureau de représentation en Afrique.
Le français, la langue commune crée un lien fort, même si les pays anglophones comme l'Afrique du Sud, le Ghana, ou le Kenya, ne sont pas oubliés.

Le Maroc, première destination africaine

En douze ans, une dizaine de grandes écoles françaises se sont ainsi implantées à Casablanca et à Rabat: Centrale, l’Ecole des Mines, l’Essec, l'Insa ou encore l’université Paris-Dauphine. En mai 2017, l’école de management Toulouse Business School a inauguré un nouveau campus à Casablanca. La capacité d’accueil dans les universités marocaines étant à saturation, le pays mise sur ces écoles prestigieuses pour les milliers d’ingénieurs et entrepreneurs dont elle à besoin.

Le Maroc joue habilement la carte du trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, et attire de nombreux étudiants subsahariens dans ses universités.

En ouvrant ses portes aux grands établissements français, le royaume chérifien espère se positionner comme un hub pour la formation universitaire en Afrique. Plus proche et plus accessible que la France, le Maroc est un bon compromis pour les étudiants africains. Le diplôme français reste un parchemin envié et monnayable pour ces derniers. A l'Ecole Centrale de Casablanca, un tiers des étudiants vient d'Afrique subsaharienne.

La formation des futurs cadres africains fait partie de la stratégie marocaine d’influence en Afrique. L’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) vient ainsi d’annoncer une augmentation du nombre de bourses accordées aux étudiants subsahariens. 

Le Sénégal et la Côte d'Ivoire attirent également les établissements français et bon nombres d’étudiants en provenance des pays d’Afrique de L’Ouest.
HEC, par exemple, vient d’ouvrir un bureau à Abidjan. La prestigieuse école de commerce forme depuis des années des cadres africains (en formation continue) en Afrique du Sud, au Kenya à Madagascar et au Maroc.

Un diplôme d'une grande école française est toujours un must sur un CVKako KomlanviEtudiant togolais à Franceinfo Afrique

Sciences-Po a annoncé l’inauguration de son premier bureau de représentation à Nairobi, au Kenya. L’ESIEE, école d’ingénieurs française, possède deux campus en Afrique du Sud, au Cap et à Pretoria.

Les partenariats entre établissements du nord et du sud de la Méditerranée se multiplient. Une école de cybersécurité à vocation régionale a été inaugurée le 6 novembre 2018 à Dakar. Elle a vocation à accompagner la montée en puissance de l'internet africain. Cet établissement permettra de lutter contre le piratage informatique (très présent en Afrique).

Erasmus+, l'appel de l'Afrique

Très loin derrière New York, Londres ou Hong Kong, l’Afrique commence à attirer les étudiants français par le biais du programme européen Erasmus +.
De plus en plus d’étudiants européens font leurs stages internationaux sur ce continent émergeant "où convergent tous enjeux contemporains".
Les universités américaines ou chinoises ne sont pas en reste. Elles renforcent elles aussi leur présence pour former la nouvelle jeunesse africaine, et repérer les meilleurs talents.