Il faut préserver les forêts du bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l'Amazonie ! Le cri d'alarme des experts réunis à Paris

Les forêts d'Afrique centrale sont menacées par la déforestation. Réunis à l'initiative de la Mairie de Paris  le 6 octobre 2021, experts et élus africains ont exploré des pistes prometteuses pour leur préservation. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Parc national d'Ivindo, aire protégée de la forêt gabonaise riche en flore en faune. Une exception dans la région où une grande partie des forêts d'Afrique centrale sont en recul.  Le 26 avril 2019 près de Makokou (Gabon). (AMAURY HAUCHARD / AFP)

Les forêts captent le carbone et rejettent de l’oxygène. Les forêts du bassin du Congo sont, avec l’Amazonie, le principal poumon vert de la planète.
Les 240 millions d’hectares des forêts tropicales d’Afrique centrale qui courent sur 11 pays, constituent une des dernières forêts primaires du monde. Ces puits de carbone, séquestrent l’équivalent de plusieurs décennies d’émission de CO2.

Réserve de biodiversité

Ces forêts humides constituent également le château d’eau de toute l’Afrique de l’Est et un réservoir exceptionnel de biodiversité, avec plus de 10 000 espèces végétales recensées.
Cette forêt est aujourd’hui menacée : plus de 3 millions d’hectares disparaissent en moyenne chaque année, 10% de sa surface est livrée à l’exploitation minière (or, cuivre, cobalt, diamants) qui provoque une destruction définitive des sols.

La forêt recule également sous l’effet de l’exploitation illégale, de l’extension des zones urbaines et de la croissance démographique. Ce recul représente une menace pour notre survie, puisqu’avec le plancton des océans, la forêt est à l’origine de notre atmosphère.

Exploiter sans détruire

Pourtant une gestion responsable de la forêt reste toutefois possible ont affirmé plusieurs des intervenants réunis le 6 octobre à paris. Cela signifie "exploiter sans détruire, prendre uniquement ce que le vivant est en mesure de reproduire." Certaines pistes ont été explorées par les experts comme "acheter du bois certifié, même si la certification n’est pas encore assez rigoureuse, qui garantit un renouvellement durable de la forêt. Que les européens n’importent que du bois certifié, zéro déforestation , serait un premier pas"  a ainsi affirmé Alain Karsenty, chercheur au Cirad.

Il faut sans doute revoir certaines pratiques agricoles, si les cultures sur brûlis étaient acceptables sur des terres vides et des sols capables de se reconstituer, ce n’est plus possible aujourd’hui. C’est pourquoi la conservation des forêts doit aller de pair avec la sécurité alimentaire. Il faut également résister à l’accaparement des terres par les multinationales de l’agrobusiness. Cela passe par l'attribution de droits fonciers aux populations autochtones, qui vivent avec moins de 2 dollars par jour, afin qu’elles prennent soin de leurs terres. Impliquer les communautés dans la préservation de ces forêts est un impératif ont expliqué plusieurs ong africaines.

Multiplier les aires protégées

Il faut des aires protégées qui peuvent par ailleurs être habitées, comme le fait depuis plusieurs années le Gabon. "Le pays s’est engagé à ce que 30% de ces terres soient placées sous protection afin d’enrayer le déclin dramatique des espèces... Le Gabon est aussi le premier pays de la région dont la Norvège a choisi de récompenser avec un versement de 150 millions de dollars en 10 ans." a précisé Lee white, Ministre gabonais des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l'Environnement. Le Gabon vend en quelque sorte du crédit carbone, aux multinationales pour compenser leurs droits à polluer.

"Un arbre debout ne vaut rien. Si vous le coupez, il vaut quelque chose, mais pas pour la planète. Donc il faut lui donner une valeur, investir et payer pour obtenir un résultat : que les arbres soient toujours debout", résume Carlos Manuel Rodriguez, patron du Fonds pour l'environnement mondial, organisme multilatéral de financement spécialisé.

"Sans la forêt gabonaise, il n'y aurait plus de pluie dans certaines parties d'Afrique, et sans la forêt du bassin du Congo nous n'arriverons jamais à atteindre l'objectif de 1,5 degré" de réchauffement maximum fixé par l'accord de Paris sur le climat

Carlos Manuel Rodriguez, Patron du fonds pour l'environnement mondial

France Info afrique

Pour plusieurs intervenants "il faut aujourd'hui par une prise de conscience", "pour en finir avec cette imprévoyance, cette surconsommation, cette cupidité" , "Il faut une économie circulaire économe en bois et reboiser massivement et systématiquement. C’est notre survie qui est en jeu."

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