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RDC: la Monusco, cette force de l’ONU devenue indésirable à Kinshasa

C’est la plus importante force des Nations Unies jamais déployée dans le monde. 20.000 hommes dont une brigade d’intervention forte de 3000 soldats, avec des blindés, des hélicoptères de combat, des drones… Et un budget de 1,4 milliard de dollars par an. Les autorités congolaises réclament son départ. Le Conseil de sécurité s’y oppose. Il vient de renouveler son mandat d’un an.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Un char de la Monusco en patrouille dans le Nord-Kivu. (Photo AFP/Junior D. Kannah)

A son arrivée le 30 novembre 1999, le pays est à feu et à sang. Le président de l’ex-Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko, vient d’être chassé du pouvoir par une rébellion qui a investi la capitale, le 17 mai 1997. Les nouveaux maîtres du pays sont soutenus par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

En 1998, une nouvelle rébellion voit le jour dans l’est du pays. Elle veut renverser le nouveau pouvoir fraîchement installé à Kinshasa. Sept pays africains sont précipités dans les combats et deux coalitions s’affrontent sur le sol congolais.

D’un côté, les troupes gouvernementales de Kinshasa appuyées par l’Angola, la Namibie, le Zimbabwe et le Tchad. De l’autre, des factions rebelles congolaises rivales, soutenues tour à tour par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.
La partition du pays est effective : les groupes armés contrôlent le nord-est et le sud-est du pays, le gouvernement ne contrôle que la moitié ouest.
 
Population fuyant les combats dans le Masisi ( province du Kivu ) le 4 Octobre 2013 (Photo Reuters/Kenny Katombe)

Une mission de tous les dangers
C’est donc dans un contexte de haute tension que les casques bleus de l’ONU se déploient en RDC pour protéger les civils piégés par la guerre. Ils ont pour mission d’aider le gouvernement à stabiliser et à consolider la paix, en réduisant la menace des groupes armés. Grâce à la mission de l’ONU, les troupes étrangères se retirent officiellement du sol congolais fin 2002. Le pays s’engage dans un long et difficile processus de paix qui aboutira, en octobre 2004, à un accord politique global qui a permis la restauration et la réunification du pays.
 
Les droits de l'Homme, la question qui fâche
A Kinshasa, tout le monde reconnaît le rôle positif joué par la force onusienne dans la réunification du pays. Mais le ton change dès qu’il s’agit d’évoquer la délicate question des droits de l’Homme. Malgré la présence des troupes de la Monusco, des hommes en armes continuent de sillonner les provinces du Kivu, dans l’est du pays. Ils règnent parfois en maîtres sur des régions très riches en minerais qu’ils exploitent pour se procurer des armes.
 
Dans cette vague de violences, les femmes sont en première ligne. Elles subissent des viols massifs dans l’indifférence générale. L’ONU dénonce régulièrement des exécutions extrajudiciaires et des arrestations arbitraires en pointant du doigt la responsabilité de certains généraux de l’armée gouvernementale.
 
Des Congolais manifestent devant le quartier général de la Monusco près de la ville de Beni, le 22 octobre 2014, après l'attaque de leur village par des hommes armés. (Photo AFP/Alain Wandimoyi)

Excédé par les remontrances sur les droits de l’Homme et la bonne gouvernance, le gouvernement congolais réclame le retrait pur et simple des troupes de l’ONU. Il a décidé de poursuivre, seul, l’offensive engagée contre les rebelles rwandais installés dans les provinces du Kivu. Les troupes de l’ONU ont été priées de ne pas se mêler de cette opération militaire qui fait pourtant partie de leur mandat. «Le moment est venu pour la RDC d’assumer sa sécurité… C’est une question de souveraineté nationale», a affirmé le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda.
 
Pas de retrait tant que les groupes armés seront opérationnels
C’est sur fond de tensions avec Kinshasa que le Conseil de sécurité a décidé le 26 mars 2015 de renouveler pour un an le mandat de la mission onusienne en RDC. Le conseil a décidé d’en réduire les effectifs de seulement 10%, soit 2000 hommes sur les 20.000 déployés sur le terrain.
 
La nouvelle résolution précise que le départ des casques bleus déployés au Congo n’est pas à l’ordre du jour. Leur retrait sera progressif et lié à «des progrès durables pour mettre fin à la menace des groupes armés.»
Le pays compte aujourd’hui 2,7 millions de déplacés et près de 500.000 réfugiés dans ses provinces de l’Est.
 
 
 

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