Somalie: un soldat américain tué alors que Washington envisagerait son retrait

Un soldat des forces spéciales américaines a été tué le 8 juin 2018 dans une attaque en Somalie, selon un responsable du Pentagone. Les Etats-Unis disposent de 500 militaires dans ce pays pour mener des opérations contre les islamistes radicaux des shebabs. Mais aujourd'hui, l'administration Trump songerait à se désengager de l'Afrique.

Commando des forces spéciales américaines lors d\'un exercice à Tampa (Floride) le 23 mai 2018.
Commando des forces spéciales américaines lors d'un exercice à Tampa (Floride) le 23 mai 2018. (BRIAN BLANCO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

L’attaque s’est produite dans le Jubaland, région au sud-ouest de la Somalie, frontalière avec le Kenya. 800 soldats somaliens, kényans et américains tentaient de «chasser les shebabs» de certaines zones «et d'établir un avant-poste de combat permanent» dans la région, selon un communiqué du commandement des Etats-Unis pour l'Afrique (Africom). La force multinationale a été visée «par des tirs de mortier et d'armes légères (...) tuant un militaire américain et blessant quatre autres soldats (américains) et un partenaire» somalien. Le communiqué ne précise pas si ce «partenaire» appartenait aux forces somaliennes ou kényanes.

Dans la nuit du 6 au 7 juin, les militaires américains avaient aussi participé à un raid contre les groupes islamistes radicaux près d'Afgoye, une ville stratégique située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Mogadiscio, capitale de la Somalie. L'Africom a démenti des informations selon lesquelles ce raid aurait fait des victimes civiles.

Les Etats-Unis assistent l’armée somalienne contre des membres d'Al-Qaïda affiliés aux islamistes radicaux shebabs. Depuis 2007, leurs forces sont partenaires de la mission de l'Union africaine dans le pays (Amisom) et des troupes somaliennes dans le cadre d'opérations de contre-terrorisme. Elles ont fréquemment mené des raids et des frappes par drone contre des camps d'entraînement des shebabs à travers la Somalie. 500 militaires américains sont ainsi détachés auprès de l’Amisom.

Vers un retrait américain de la région?
Cette attaque intervient au moment où les autorités américaines «songent à diminuer le nombre de leurs forces spéciales en Somalie et en Afrique subsaharienne», observe le site d'Al-Jazira. «Washington pourrait ainsi renforcer ses positions militaires dans d'autres pays du monde, notamment là où il pourrait y avoir des menaces russes et chinoises.»

Le 4 mai 2017, un soldat des Navy Seals, les troupes d'élite de la marine des Etats-Unis, avait été tué lors d’une opération nocturne héliportée en Somalie. Il s’agissait du premier Américain mort au combat en Somalie depuis les évènements de Black Hawk Down en 1993. 18 Américains avaient alors été tués dans la bataille de Mogadiscio.

Depuis 2007, les shebabs combattent pour renverser le gouvernement somalien internationalement reconnu. Ils ont été chassés de Mogadiscio, la capitale, en 2011. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides.