Ouganda : la promulgation d'une loi "anti-homosexualité" provoque l'indignation

Une disposition sur la "promotion" de l'homosexualité inquiète particulièrement les ONG. Selon le texte, quiconque "promeut sciemment l'homosexualité" encourt jusqu'à 20 ans de prison.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Des affiches dénonçant la loi "anti-homosexualité" devant l'ambassade de l'Ouganda à Washington (Etats-Unis), le 25 avril 2023. (ANNA MONEYMAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

L'annonce a provoqué une vague de dénonciation et d'inquiétudes, des ONG locales jusqu'à la Maison Blanche. Le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une loi "anti-homosexualité", lundi 29 mai, prévoyant de lourdes peines pour les relations homosexuelles et la "promotion" de l'homosexualité. 

Le texte avait été amendé à la marge par les parlementaires, à la demande du président. Les élus avaient précisé que le fait d'être homosexuel n'était pas un crime, mais que les relations sexuelles entre personnes de même sexe l'étaient. Les parlementaires ont maintenu une disposition faisant de "l'homosexualité aggravée" un crime capital, ce qui signifie que les récidivistes pourront être condamnés à mort. En Ouganda, la peine capitale n'est cependant plus appliquée depuis des années.

Une disposition sur la "promotion" de l'homosexualité inquiète particulièrement les ONG. Selon le texte, quiconque "promeut sciemment l'homosexualité" encourt jusqu'à 20 ans de prison. S'il s'agit d'une organisation, elle risque 10 ans d'interdiction. Une ONG a annoncé avoir saisi la Haute cour de l'Ouganda sur cette loi "ouvertement inconstitutionnelle". La criminalisation des activités entre personnes homosexuelles adultes et consentantes "va à l'encontre de dispositions clés de la Constitution, dont le droit à l'égalité et à la non-discrimination", a déclaré Adrian Jjuuko, directeur exécutif du Human Rights Awareness and Promotion Forum (HRAPF).

Une "atteinte tragique" aux droits humains

La nouvelle a ravivé les craintes déclenchées en mars par le vote du projet de loi, qualifié alors de "texte discriminatoire – probablement le pire au monde en son genre" par le chef du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk. Le Haut-Commissariat s'est dit lundi "consterné" de voir entrer en vigueur ce projet de loi "contraire à la Constitution et aux traités internationaux", et qui ouvre la voie à "des violations systématiques des droits des personnes LGBT".

Le président américain, Joe Biden, a dénoncé une "atteinte tragique" aux droits humains et étudie les conséquences de cette loi sur "tous les aspects de la coopération entre les Etats-Unis et l'Ouganda". Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, parle d'une loi "déplorable" et "contraire aux droits humains", évoquant des relations "compromises" avec Kampala. 

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