La Namibie compte sur son potentiel solaire pour produire de l’électricité et de l’hydrogène à l'échelle industrielle

Ce pays désertique d'Afrique australe veut s'appuyer sur sa géographie pour produire de l'énergie décarbonée et l'exporter un jour vers l'Europe.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Vue aérienne de la rencontre du désert et de l'Océan atlantique, à Walvis Bay en Namibe, le 19 juin 2020. Le pays compte sur sa géographie et son climat pour produire de l'énergie solaire et de l'hydrogène. (ERIC LE GO / ONLY WORLD)

La Namibie, pays désertique parmi les plus touchés par le réchauffement climatique, affiche son ambition industrielle dans l’énergie solaire et dans l’hydrogène vert. Ce pays d'Afrique australe veut devenir autosuffisant en électricité photovoltaïque et rêve même d'en exporter d'ici à 2030.

Plus assez d'eau dans les barrages

La Namibie a sélectionné en novembre 2021 les opérateurs de sa future première unité de production d'électricité solaire : le consortium Hyphen, qui devrait produire quelque 5 000 MW à partir de 2026 à Tsau Khaeb, dans le sud-ouest du pays, sur la côte atlantique. 

Le conseiller économique du gouvernement namibien James Mnyupe souligne que tous les produits seront issus "d'énergies renouvelables" et que les activités "n'émettront pas de CO2". "Nous avons des incendies et les sécheresses nous tuent sur le plan de l'électricité, car nous dépendons de l'hydro-électricité", a-t-il affirmé. Le pays manque d'eau mais la production d'hydrogène se ferait par électrolyse de l'eau de mer à partir de l'énergie solaire. 

Attirer les investisseurs européens

Le pays a besoin pour cela d'attirer les investisseurs. Les autorités namibiennes veulent convaincre les Européens d'investir dans leur potentiel solaire et leur vendre leur électricité et leur hydrogène vert, généré en séparant les molécules d'eau de mer. Ce qui demande beaucoup d'énergie.

"Actuellement, 60 à 70% de notre électricité est importée, essentiellement d'Afrique du Sud", déclare James Mnyupe. La première étape reste déjà d'atteindre une auto-suffisance en électricité. Ce serait "le premier pas de l'émancipation économique. (...) Il se pourrait" ensuite que la Namibie devienne "un exportateur net" d'électricité, veut croire le conseiller économique du gouvernement.

Les autorités affirment même vouloir "aider l'Europe à se décarboner" via la production d'hydrogène et d'ammoniac vert issue de l'énergie solaire. La Namibie a "l'ambition de devenir incubateur d'une industrie du fuel de synthèse" en commençant par produire de l'énergie solaire, puis de l'hydrogène vert, et de l'ammoniac décarboné, a expliqué James Mnyupe qui a présenté le 18 mai 2022 à Paris, la stratégie du pays.

"L'UE comprend qu'elle ne peut pas produire 20 millions de tonnes d'hydrogène en Europe, c'est impossible, nous n'avons pas assez de soleil et pas assez de vent, raison pour laquelle notre premier partenaire est l'Afrique."

Jorgo Chatzimarkakis, responsable de l'association professionnelle Hydrogen Europe

à l'AFP

Permettre à l'Europe de se passer du gaz russe

Le gouvernement namibien a fait le déplacement en Europe pour plaider sa cause et "proposer son soleil si extraordinaire". L'UE compte sur "le partenariat UE-Afrique en matière d'hydrogène" pour réduire son utilisation de gaz et décarboner ses activités industrielles, à commencer par les grands ports où se concentrent des activités consommatrices de gaz naturel (sidérurgie, chimie...).

La Namibie devra se positionner par rapport aux objectifs énergétiques définis récemment par l'Union européenne pour s'affranchir du gaz  russe. Si l'UE entend produire dix millions de tonnes d'hydrogène d'origine renouvelable d'ici à 2030, elle devra également en importer massivement pour remplacer charbon, pétrole et gaz dans certains secteurs de l'industrie et des transports.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Namibie

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.