La chanteuse capverdienne Cesaria Evora est morte

Celle que les Capverdiens surnommaient "Cize" s'est éteinte dans son île, à 70 ans. Elle laisse derrière elle onze albums de "Sodade". Le Cap-Vert décrète un deuil national de 48h.

(Thomas Coex AFP)

Sa mort n'est pas une grande surprise. La "Diva aux pieds nus ",
en "état de grande faiblesse " selon son agent, s'était retiré
définitivement de la scène en septembre dernier, pour finir ses jours
dans son pays. C'est là dans un hôpital du Cap-Vert qu'elle s'est
éteinte ce samedi. La chanteuse, internationalement connue depuis 1991,
souffrait de graves problèmes de santé, et avait subi une opération à
coeur ouvert.  

Elle avait débuté la chanson, dans les bars et les
rues du cap-Vert, à 16 ans. Chantant le blues, la "sodade",
c'est-à-dire le spleen... Une carrière entamée dans la solitude et les
vapeurs d'alcool. Mais en 1985, elle rencontre son mentor, un
Franco-Capverdien qui la sortira défivinitivement de l'anonymat. Elle se
produit alors au Portugal puis à Paris, et sort en 1988 son premier
album La diva aux pieds nus , titre qui lui collera à la peau.

La
scène, "ma drogue"

Les disques s'enchaîneront -Mar
azul
, en 1991, puis Miss Perfumado en 1992 qui comprend son
tube "Sodade "-, puis les tournées mondiales, dans une
décontraction qui lui était propre. L'artiste foulait la scène pieds
nus, n'hésitant pas à interrompre sa chanson pour une gorgée de cognac
ou quelques bouffées de cigarette...

En 2004, son album Voz
d'amor remporte une Victoire de la musique. En 2008, elle est décorée en
France de la Légion d'honneur. C'est cette année-là que commencent ses
ennuis de santé. Elle est victime d'un accident vasculaire cérébral, qui
ne l'empêchera pas cependant de sortir un dernier et onzième opus en
2009, Nha Sentimento , et de monter sur la scène du Grand Rex, en
forme, en avril dernier. La scène, "sa drogue ", qu'elle ne
foulera plus...