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La presse kenyane crie à la censure

Les journaux kenyans s’étranglent suite au vote d’une loi qui, à leurs yeux, met en péril la liberté de la presse dans le pays. Cette loi instaure un tribunal spécial de la presse qui vérifiera si les journalistes respectent bien les règles de déontologie.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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La presse kenyane s'insurge contre une loi qu'elle juge liberticide. (AFP/Simon Meina)
Visiblement, il n’y a pas qu’en France où l’assiduité des députés pose question. La presse kenyane a découvert à ses dépends que l’absence des députés d’opposition est directement responsable du vote de cette loi jugée liberticide.
 
60 députés seulement sur 300 ont participé au vote lors de cette séance nocturne. Et la majorité a du battre le rappel de ses troupes pour atteindre le quorum des …60 députés.
 
Or, cette loi, votée à la va-vite et sans réel débat, pose de sérieux problèmes de constitutionalité.
Déjà, la constitution kenyane interdit au Parlement de voter une loi limitant la liberté de la presse, et on va le voir cela est bien sous-jacent à ce texte.
Ainsi cette nouvelle cour spéciale aura quasiment tous les pouvoirs. Une charte du journalisme sera élaborée. Pour l’heure, nul n’en connait la teneur ni ses auteurs, mais son non respect sera sévèrement sanctionné.

Amende record
Retrait de la carte de presse, amendes records pour les entreprises de presse (173 000 euros) mais aussi à titre personnel pour les journalistes, le tribunal aura tous les droits pour s’assurer du respect du code.
Il pourra même exclure un journaliste d’un média et saisir ses biens. Un aspect qui, aux yeux du journal The Star, est anticonstitutionnel. On ne peut interdire à un journaliste d’écrire.

Enfin, la composition même du tribunal est un cas d’école. Il sera directement sous l’autorité du ministre de l’Information. Une commission choisira les membres., pas plus de 7, et son président aura une grande expérience des média.
 
L'attaque du Westgate en arrière plan
Très nettement selon les observateurs, cette reprise en main des média est liée à la couverture de l’attaque terroriste contre le centre commercial de Nairobi.
Les autorités n’avaient pas apprécié la diffusion d’images de caméras de surveillance. On y voyait des soldats kenyans se livrer à un pillage de magasins durant l’opération contre les islamistes. La police avait convoqué les journalistes, ce qui avait provoqué un tollé.
 
Ultime espoir comme conclue The Star, que le président Uhuru Kenyatta ne ratifie pas cette loi.
«Faute de quoi le Kenya sera purement et simplement voué à la censure»

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