Afrique du Sud : "catastrophe environnementale" après une pollution maritime provoquée par les émeutes

Après les émeutes de juillet 21, la municipalité a fermé les plages par mesure de précaution et demandé aux habitants de ne pas pêcher, surfer ou prendre des poissons morts trouvés sur les lieux.

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Des pêcheurs sur la populaire plage Blue Lagoon, au nord de Durban, le 17 juillet 2021.  (RAJESH JANTILAL / AFP)

Le gouvernement sud-africain a estimé, dimanche 3 octobre, que la pollution maritime provoquée par une fuite d'une usine chimique, attaquée lors des émeutes en juillet, avait causé une grave "catastrophe environnementale". Des émeutiers avaient pillé et mis le feu à des infrastructures après la condamnation de l'ancien président Jacob Zuma à 15 mois de prison, pour avoir refusé de se présenter devant une commission chargée d'enquêter sur la corruption d'Etat sous sa présidence (2009-2018). Un entrepôt agrochimique près du port de Durban, dans l'est du pays, qui stockait des produits chimiques utilisés pour la fabrication d'herbicides, de pesticides et de fongicides avait été l'un des bâtiments incendiés.

"Impact environnemental"

La ministre de l'Environnement Barbara Creecy a estimé que "l'impact environnemental de la fuite chimique et l'incendie (...) ont provoqué la plus grave catastrophe environnementale de la période récente".

"Plusieurs années pourraient être nécessaires pour se remettre de cet incident"

Barbara Creecy, ministre sud-africaine de l'Environnement

à l'AFP

Après les émeutes, la municipalité a fermé les plages par mesure de précaution et demandé aux habitants de ne pas pêcher, surfer ou prendre des poissons morts trouvés sur les lieux. Ces plages sont toujours fermées. Les violences ont fait 354 morts et entraîné des dégâts et pillages qui vont coûter 50 milliards de rands, soit 2,8 milliards d'euros à l'économie. Il s'agissait des pires émeutes depuis la fin de l'apartheid et le président Cyril Ramaphosa les a qualifiées de tentative d'"insurrection".

Décontamination

Une enquête a été ouverte contre les propriétaires de l'entreprise, UPL, qui n'avaient pas de permis environnementaux pour leur activité dans cette zone, a ajouté la ministre. Selon la presse sud-africaine (lien en anglais), près de 13 000 tonnes de déchets solides contaminés et 23 400 m³ de liquides contaminés ont été retirés du site de l'UPL et transportés vers un site d'élimination des déchets dangereux. "UPL n'admet aucun non respect de la loi" , se défend la multinationale agrochimique, basée en Inde. 

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