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Le procès des ONG au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Egypte

Le procès a été ajourné au 26 avril. 43 membres d'ONG sont accusés d'ingérence dans les affaires du pays. 

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Des soldats égyptiens gardent l'entrée des bureaux américains de l'Institut démocratique national, au Caire, le 29 décembre 2011. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

C'est le procès d'une brouille qui empoisonne les relations entre les Etats-Unis et l'Egypte. Quarante-trois membres d'ONG égyptiennes et étrangères, dont 19 Américains, sont accusés par la justice d'avoir reçu des financements étrangers illicites et d'ingérence dans les affaires politiques du pays. Leur procès qui devait s'ouvrir dimanche 26 février au Caire, a été ajourné au 26 avril. Washington fait état de son côté de "discussions intenses" pour résoudre la situation. 

Une enquête pour "salir la société civile"

L'audience s'ouvre deux mois environ après le début de cette affaire qui soulève des questions sur l'orientation de l'Egypte post-Moubarak. Fin décembre, les locaux de 17 ONG spécialisées dans la promotion de la démocratie et le soutien à la société civile ont été perquisitionnés, et leurs équipements techniques et archives confisqués. Parmi elles figurent les organisations américaines National Democratic Institute (NDI) et Freedom House, ainsi que la fondation allemande KonradAdenauer.

Selon un groupe de 29 ONG égyptiennes, cette enquête a pour "le but de salir la société civile, surtout les organisations de défense des droits de l'Homme, et de les dépeindre comme (...) des conspirateurs contre la stabilité du pays". La législation égyptienne très restrictive pour les activités des ONG est héritée de l'époque Moubarak, hostile à toute tentative de promouvoir depuis l'extérieur la démocratie et la bonne gouvernance dans son pays.

De graves conséquences sur les relations égypto-américaines

Des "discussions intenses" ont lieu entre Washington et le Caire pour chercher à "résoudre la situation d'ici quelques jours", a déclaré samedi un haut responsable américain. Des élus américains ont par ailleurs averti que ce procès risquait d'avoir des conséquences irrémédiables sur les relations avec l'Egypte. Financière d'abord : les Etats-Unis apportent en effet une aide annuelle de 1,3 milliard de dollars à l'armée égyptienne, aux commandes du pays depuis la chute du président Hosni Moubarak il y a un an. Diplomatique, ensuite : l'Egypte est considérée comme un partenaire capital au Moyen-Orient en raison notamment de l'accord de paix avec Israël de 1979.

Les Frères musulmans, qui dominent aujourd'hui l'Assemblée, ont menacé de revoir l'accord de paix israélo-égyptien si les Etats-Unis décidaient de mettre fin à leur aide à l'Egypte.

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