Au Caire, l'une des plus vieilles teintureries d'Egypte n'a rien perdu de ses couleurs

Parmi les 23 teintureries artisanales de la capitale égyptienne, la petite entreprise familiale de M. Mahmoud est l'une des dernières encore en activité.

Depuis près de 120 ans, dans le quartier de Darb al-Ahmar, l'une des dernières teintureries de la capitale, perpétue un savoir-faire transmis de génération en génération.

La journaliste Mona Salem et le photographe Khaled Desouki de l'AFP se sont rendus dans ce lieu "haut en couleurs" du vieux Caire.

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A 83 ans, Salama Mahmoud Salama est le propriétaire depuis 1974 d'une des plus célèbres teintureries artisanales du Caire. Chaque matin, il commence son travail en préparant les pelotes de fils à teindre.      KHALED DESOUKI / AFP
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Le vieil artisan, comparant sa manufacture aux teintureries industrielles, déclare qu'ici, "c'est le savoir-faire qui fait la différence".   KHALED DESOUKI / AFP
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Ses deux fils, Samir Salama, 40 ans, et Mohamed Kamel, 36 ans, travaillent avec lui depuis des années pour perpétuer cette tradition et sauvegarder les pratiques de ce lieu ouvert en 1901.    KHALED DESOUKI / AFP
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Dans une atmosphère baignée de vapeur, les ouvriers s'activent autour des grands bains chauds d'eau colorée. Ils démêlent les longs fils de coton, les suspendent sur des perches en bois avant de les plonger dans les bassines fumantes.       KHALED DESOUKI / AFP
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Une fois teints, les fils seront utilisés pour créer toutes sortes d'objets : chaussures, rideaux, tapis…  KHALED DESOUKI / AFP
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Tous les types de fibres utilisés dans l'industrie textile sont travaillés. Coton, soie, polyester ou laine, n'ont plus aucun secret pour Mohamed Kamel et ses collègues.   KHALED DESOUKI / AFP
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"On aplanit d'abord les fils de coton, puis on les trempe dans la teinture. Ensuite, on les aère, les essore, les enroule, puis on les étend pour les faire sécher avant de les plier et de les envoyer aux clients", explique Mohamed.      KHALED DESOUKI / AFP
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L'atout de la fabrique est de pouvoir ajuster sa production à de petites quantités de fils (jusqu'à un demi-kilo), là où les grandes teintureries industrielles "teignent des quintaux, voire des tonnes" de tissu d'un coup.    KHALED DESOUKI / AFP
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Bien que Salama Mahmoud Salama se félicite d'avoir des clients partout en Egypte, au Soudan et "même une dame qui vient des Etats-Unis", il regrette la concurrence des produits chinois à bas prix qui dominent le marché. "Un pull-over fabriqué avec nos fils coûte 200 livres égyptiennes (11,5 euros) alors qu'un pull chinois coûte 20 ou 30 livres (2 euros)", précise-t-il.    KHALED DESOUKI / AFP
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Les prix de la teinture, importée des quatre coins du monde, ont aussi "considérablement augmenté", compliquant le quotidien de son entreprise, ajoute M. Mahmoud. Pour réduire ses coûts de production, il utilise le bois, plutôt que l'essence, comme combustible.  KHALED DESOUKI / AFP
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Néanmoins confiant, le vieil homme affirme avec orgueil que son métier "ne disparaîtra jamais. Il disparaîtra seulement lorsqu'on se mettra à sortir tout nu dans la rue", conclut-il avec humour.    KHALED DESOUKI / AFP