Biyi Bandele, l'écrivain qui aimait faire des films

L'auteur nigérian, connu pour son livre "Burma Boy" et pour avoir signé le film "Half of a Yellow Sun", s'est eteint le 7 août au Nigeria. 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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L'écrivain et cinéaste Biyi Bandele, le 27 mai 2013, à Calabar au Nigeria.  (YELLOW SUN LTD / AP)

C'est une éminente signature de la cuture nigériane qui disparaît. Biyi Bandele, réalisateur notamment du film Half of a Yellow Sun (L'Autre moitié du soleil, 2013) qui évoque la guerre du Biafra à travers le destin de deux soeurs, est mort le 7 août à Lagos, au Nigeria. Il avait 54 ans. 

Le décès de l'auteur nigérian a été annoncé par sa fille Temi Bandele sur Facebook. "Il nous a été enlevé beaucoup trop tôt. Il avait déjà tellement dit de choses si joliment, et il avait tellement encore à dire". 

Un conteur 

Biyi Bandele, né en 1967 au Nigeria, résidait au Royaume-Uni, un pays dont il avait également la nationalité. Il expliquait s'être intéressé à la vie politique de son pays natal très tardivement. Mais ses nombreux soubresauts ont traversé son œuvre. Porté par les comédiens Thandiwe Newton, Chiwetel Ejiofor et Anika Noni Rose, Half of aYellow Sun qu'il a coproduit sera d'ailleurs censuré au Nigeria où la guerre civile du Biafra demeure un sujet sensible. 

"Il n’a que 14 ans lorsqu’il entame l’écriture de son premier roman, publié en Angleterre en 1991 : ''L’homme qui revint du diable (Agone, 1999)' ", rappelle Grasset qui a édité, en 2009, son célèbre livre Burma Boy sous le titre La Drôle et triste histoire du soldat Banana. "Il est aussi l’auteur de nombreuses pièces pour le théâtre, la radio ou la télévision, qui l’ont amené à travailler avec les compagnies britanniques les plus prestigieuses, telles que le Royal Court Theatre ou la Royal Shakespeare Company".

Biyi Bandele se définissait comme un conteur et se considérait, avant tout, comme un écrivain mais avouait volontiers sa joie d'être sur un plateau quand il tournait. Après son premier film Half of aYellow Sun,  la chaîne américaine MTV lui confie la réalisation des deux premières saisons de la version nigériane de Shuga, série culte qui raconte les pérégrinations de jeunes africains. 

Amoureux de la culture yoruba

"Biyi avait l'œil pour les histoires, (il) était toujours passionné par son travail et avait un grand amour pour la culture yoruba (sa communauté d'origine)", a écrit sur les réseaux sociaux la productrice nigériane Mo Abudu qui dirige le groupe audiovisuel Ebonylife. Elle a collaboré avec lui sur le film Fifty (2015), les deux premiers épisodes de la mini-série Blood Sisters − qui a fait un carton sur Netflix − et Elesin Oba −The King's Horseman qu'il a réalisé et dont il a aussi écrit le scénario. Sa dernière production sera projeté en première mondiale dans la section "Special Presentation" du Festival de Toronto (TIFF), au Canada, en septembre prochain. 

Half of a Yellow Sun avait été également présenté pour la première fois au TIFF. Et à l'instar du livre primé de l'écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie que Biyi Bandele avait adapté pour le cinéma, Elesin Oba −The King's Horseman est aussi une adaptation. Celle de Death and The King's Horseman, une célèbre pièce anti-coloniale de l'écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de littérature 1986

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Le message, posté sur le compte Instagram de Biyi Bandele soulignant que le film Elesin Oba − The King's Horseman était le premier en yoruba (l'une des principales langues parlées au Nigeria) à être présenté dans cette catégorie à Toronto, apparaît désormais comme prémonitoire. "La mort n'est que le début" est la première phrase du post. Une belle oraison funèbre pour Biyi Bandele. 

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