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Vidéo Éruption du volcan Nyiragongo : des milliers de Congolais réfugiés au Rwanda voisin, sans abri ni nourriture

Une semaine après l'éruption spectaculaire du Nyiragongo, l'un des plus dangereux volcans du monde, des milliers de déplacés sont toujours bloqués dans le camp de Bousasamana, au Rwanda, où se sont rendus les envoyés spéciaux de franceinfo.

Article rédigé par Claude Guibal
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Des familles fuient la ville de Goma, en République démocratique du Congo, le 26 mai 2021, pour échapper à l'éruption du volcan Nyiragongo. (MICHEL LUNANGA / EPA)

Il a les yeux figés de celui qui n'a pas dormi depuis des jours. Il y a une semaine, la vie de Joseph Kalumbo a basculé lorsqu'il a dû fuir sa maison et sa ville, Goma, en République démocratique du Congo, face à la lave dévorante du volcan Nyiragongo. "L’éruption est arrivée dans la nuit. Tout le monde était surpris. C’est la raison pour laquelle on a tout perdu. On n’a plus rien", témoigne-t-il.

Environ 400 000 personnes ont fui Goma, la capitale de la province du nord Kivu. Certains se sont rués vers le Rwanda voisin, qui a ouvert sa frontière mais interdit d'avancer sur Kigali sans test PCR valide. Dans le camp de Bousasamana, ils sont 1 500 personnes, posées dans un creux entre deux collines. 

Après l'ordre d'évacuation lancé par les autorités de la ville, les pillards se sont attaqués à tout ce qui restait dans la ville de Goma désertée. Alors que les secousses ont baissé d'intensité, la majorité des réfugiés en ont donc profité pour rentrer chez eux, pour protéger leurs biens. Mais pas Claude Kachana, encore traumatisé. "Non, il y a encore un risque d'explosion des gaz, redoute-t-il. Au moindre contact des gaz au lac, ça sera une chose terrible." 

Une situation qui pourrait durer

Lorsqu'on demande à Olivier Kayumba, secrétaire général permanent du ministère de la Gestion des situations d'urgence du Rwanda, si la situation pourrait durer, il n’est pas en mesure pour le moment de répondre. "Nous ne savons pas. Nous attendons les scientifiques qui vont devoir nous dire ce qu'il faut faire, dit-il. Si, effectivement, la lave a créé un tunnel qui risque d'exploser dans le lac Kivu ou dans la ville de Goma ou dans la ville de Gisenyi." La menace est donc partout : le volcan imprévisible, le magma qui s'écoule,  ce lac aux eaux chargées de gaz mortels, et cette terre qui n'en finit pas de trembler.

A Busasamana, au Rwnada, le reportage de Claude Guibal et Jérémy Tuil.

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