Climat : départ de la plus grande expédition scientifique dans l'Arctique

Au total, 600 scientifiques prévoient de se relayer pendant quelque 390 jours, le brise-glace devant parcourir au total 2 500 kilomètres.

Le brise-glace \"Polarstern\" dans le port de Tromso en Norvège, le 18 septembre 2019.
Le brise-glace "Polarstern" dans le port de Tromso en Norvège, le 18 septembre 2019. (RUNE STOLTZ BERTINUSSEN / NTB SCANPIX / AFP)

La plus grande expédition scientifique jamais réalisée dans l'Arctique doit entamer, vendredi 20 septembre, une mission internationale d'un an pour étudier les conséquences du changement climatique au pôle Nord, a annoncé l'institut allemand qui dirige cette initiative. Le brise-glace "Polarstern" de l'institut allemand Alfred-Wegener de Bremerhaven doit ainsi quitter, dans la soirée, le port norvégien de Tromso dans le cadre de cette mission géante baptisée "Mosaic".

Au total, 600 scientifiques prévoient de se relayer pendant quelque 390 jours, le brise-glace devant parcourir au total 2 500 kilomètres. Les équipes affronteront notamment 150 jours de nuit polaire et des températures pouvant tomber à - 45°C. Six personnes seront en outre employées uniquement à repérer et éloigner les ours polaires. Soixante instituts et 19 pays coopèrent pour ce projet.

Une situation particulièrement préoccupante

Les scientifiques étudieront à la fois l'atmosphère, l'océan, la mer de glaces et l'écosystème pour recueillir des données qui permettront de voir comment le changement climatique affecte la région et le monde entier. "Aucune autre partie de la Terre ne s'est réchauffée aussi vite ces dernières décennies que l'Arctique", a expliqué le chef de la mission et scientifique Markus Rex. "C'est ici que se situe quasiment l'épicentre du réchauffement global, et en même temps jusqu'ici nous comprenons très peu cette région".

"Nous ne pourrons pas établir de prévisions correctes concernant notre climat si nous n'avons pas de pronostics filables pour l'Arctique", a-t-il poursuivi. La situation dans l'Arctique est préoccupante. "En début d'année, nous avons eu un cas extrême : dans le centre de l'Arctique il a fait plus chaud qu'en Allemagne", a-t-il souligné.