Instagram : "la capacité à faire et à partager de jolies photos est devenue un critère dans le choix des vacances"

Huit ans après sa création, le réseau social Instagram a remplacé les albums photos de vacances pour un milliard d'utilisateurs. 

Selfie sur une plage du Sri Lanka 
Selfie sur une plage du Sri Lanka  (LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP)

C'est en 2010, aux États-Unis, que deux étudiants de l'Université de Stanford, au cœur de la Silicon Valley ont eu l'idée de créer un réseau social consacré à la photo. Un mur virtuel, sur lequel vous pouvez épingler des photos prises avec un smartphone, que vos amis peuvent voir également s'ils suivent votre compte.

Ainsi est né Instagram. Huit ans plus tard, le succès est éloquent. Le réseau revendique un milliard d'utilisateurs dans le monde. Pendant l'été, ce mur virtuel  a tendance à remplacer l'album photos de vos vacances. Nicolas de Dianous est directeur associé de l'agence We Like Travel, spécialisée dans les réseaux sociaux et le tourisme, il explique cette tendance pour franceinfo. 

franceinfo : Instagram est devenu aujourd'hui un acteur incontournable des vacances pour les particuliers ?    

Nicolas de Dianous : C’est le premier réseau social utilisé pendant les vacances. 15 millions de Français y sont actifs chaque mois. Les 15-35 ans sont les plus nombreux et les plus actifs sur Instagram mais on trouve aussi des utilisateurs proches des 40-50 ans. La première raison du succès, ce sont les filtres et les outils de retouche qui permettent en trois coup de doigts, d’améliorer, d’exposer mieux sa photo. En plus, les formats de stories sont plus que des photos, vraiment des mini histoires que l’on peut raconter à travers des photos ou des vidéos courtes qui disparaissent au bout de 24 heures. Ça permet de s’amuser et ça créé aussi un format très addictif par le côté éphémère. 

L’engouement est tel que sur certains sites touristiques, des panneaux indiquent où prendre la meilleure photo pour briller sur Instagram...

Il y a eu une histoire amusante d’un étudiant qui avait établi un parcours touristique avec des marquages au sol aux État-Unis, pour inciter les gens à prendre la photo du meilleur endroit. Il y a d’autres destinations qui sont en train de faire la même chose. Et ce n’est pas la seule signalétique qui est mise en place puisqu’il y a énormément de panneaux, d’autocollants qui indiquent aux gens les réseaux sociaux à utiliser, à « tagger » dans les publications pour donner de la visibilité. Par exemple, un hôtel peut avoir un petit panneau qui indique à la personne allongée sur son transat de bien tagger son nom dans sa photo pour lui faire un peu de publicité.

Une étude pour le site Expedia révèle qu’un tiers des personnes interrogées s’inspirent des publications Instagram pour choisir leur prochaine destination. Instagram est aussi devenu un outil publicitaire ?

C’est une étude menée auprès des Millenials, les 15-35 ans. 40% d’entre eux avaient répondu que « l’instagramabilité » de la destination était leur critère de choix numéro 1 pour leurs prochaines vacances. La capacité d’un hôtel, d’un site, d’un territoire à être beau et à être facilement partageable en photo et en vidéo est un critère important. Les professionnels du tourisme ont pris conscience de cet engouement, un milliard de personnes qui partagent leurs photos, c’est colossal. 

Un milliard d’utilisateurs dans le monde, jusqu’où Instagram peut-il aller ? Cette bulle peut-elle éclater ?

Aujourd’hui il y a 3,3 milliards d’utilisateurs de réseaux sociaux dans le monde. Instagram peut doubler sa taille et être adopté par de plus en plus de monde et sa croissance est sidérante. Cela va peut-être se tasser dans les pays occidentaux mais le nombre d’heures passées sur Instagram ne fléchit pas, donc il n’y a pas de bulle qui va éclater. Peut-être une évolution vers plus de privé.