La presse française porte plainte contre Google auprès de l'Autorité de la concurrence

Ces organisations de presse accusent Google de bafouer le "droit voisin", un nouveau mécanisme censé favoriser un meilleur partage des revenus du numérique, et rémunérer davantage les producteurs de contenus journalistiques.

Plusieurs organisations de presse, dont l\'AFP, ont déposé plainte, en novembre 2019, contre Google auprès de l\'Autorité de la concurrence, qu\'elles accusent de bafouer le \"droit voisin\".
Plusieurs organisations de presse, dont l'AFP, ont déposé plainte, en novembre 2019, contre Google auprès de l'Autorité de la concurrence, qu'elles accusent de bafouer le "droit voisin". (DENIS CHARLET / AFP)

Plusieurs organisations de presse, dont l'AFP, ont déposé plainte contre Google auprès de l'Autorité de la concurrence. Elles l'accusent de bafouer le "droit voisin", un nouveau mécanisme censé favoriser un meilleur partage des revenus du numérique.

L'Alliance de la presse d'information générale et le Syndicat des éditeurs de la presse magazine ont déposé plainte, vendredi, suivis mardi par l'Agence France-Presse (AFP), ont indiqué mercredi 20 novembre les trois organisations. Elles avaient annoncé leur volonté de déposer plainte dès fin octobre.

Google a refusé d'emblée toute négociation

Au cœur de cette querelle : le "droit voisin", un droit similaire au droit d'auteur, créé au bénéfice des éditeurs de presse et agences de presse par une directive européenne votée en début d'année. Il doit permettre aux éditeurs de journaux et aux agences de presse de négocier avec les géants du numérique –qui captent l'essentiel des recettes publicitaires en ligne– une rémunération, pour la réutilisation de leurs contenus sur la Toile. La France est le premier membre de l'UE à l'appliquer.

Google, qui détient un quasi-monopole sur la recherche en ligne, a refusé d'emblée toute négociation et, pour se mettre en conformité avec la loi française, a imposé de nouvelles règles, applicables depuis mi-novembre. Les sites d'infos doivent accepter que le moteur de recherche utilise gratuitement des extraits de leurs articles dans ses résultats. Sans quoi leurs informations sont bien moins visibles dans le moteur de recherche (un simple titre et un lien), avec pour conséquence quasi-inévitable de voir le trafic vers ces sites chuter.

Avec leurs plaintes, les organisations de médias, qui dénoncent un abus de position dominante, demandent des mesures conservatoires pour que la loi puisse s'appliquer. L'Autorité de la concurrence s'était déjà saisie elle-même de cette affaire.