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Un vigneron condamné à 197 000 euros d'amende pour avoir pillé des sites archéologiques

L'homme a été reconnu coupable d'avoir fouillé des vestiges, principalement gallo-romains, dans l'Aube, la Marne et la Seine-et-Marne.

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Un chantier de fouilles, à Narbonne (Aude). (  MAXPPP)

Il se rêvait en Indiana Jones, il va devoir passer à la caisse. Un viticulteur de la Marne a été condamné vendredi 8 août à 197 000 euros d'amende et six mois de prison avec sursis pour avoir fouillé des sites archéologiques sans autorisation et revendu certaines de ses trouvailles. Plus de 2 300 objets datant de l'age de bronze ou de l'époque gallo-romaine avaient été découverts chez lui.

Les douaniers découvrent 112 pièces de monnaie

Ce producteur de champagne, âgé de 60 ans, assure qu'il ne pensait pas que sa passion des fouilles, héritée de son grand-père, était répréhensible. "Je cherchais à la surface de la terre. Les objets étaient là, il n'y avait qu'à les ramasser" expliquait-il lors de l'audience le 29 juillet. Entre 2009 et 2012, il s'était livré, détecteur de métaux à la main, à des dizaines de fouilles dans des champs de l'Aube, de la Marne et de Seine-et-Marne, toujours "avec l'accord des propriétaires" assure-t-il, mais pas de l'Etat. Selon Le Parisien, il entendait léguer sa collection à un musée après sa mort.

Mais le 5 février 2012, lui et sa compagne ont été arrêtés par les douaniers de Seine-et-Marne lors d'un banal contrôle routier. A l'intérieur de son véhicule, les fonctionnaires ont trouvé 112 pièces de monnaie d'époque gallo-romaine. Mais ce n'est rien à côté du trésor sur lequel les enquêteurs mettent la main au domicile du vigneron : plus de 2 300 objets, des pièces de monnaie, des poteries, des bagues, des colliers, dont certains pillés dans des tombes.

Des repérages en avion pour trouver les meilleurs sites

"Il a privé les archéologues de leurs outils de travail", s'est insurgé le procureur du tribunal correctionnel de Meaux. Selon l'association Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique (Happah), au moins 520 000 objets sont pillés chaque année en France. Selon l'association, le vigneron ne pouvait pas ignorer ce problème, puisqu'un article sur les "ravages" du pillage archéologique a été retrouvé à son domicile. Le tribunal a aussi mis en doute le caractère amateur de ses fouilles : le viticulteur aurait effectué des repérages en avion pour identifier les meilleurs sites.

La collection sera restituée à un musée

Le 8 août, le tribunal a finalement reconnu l'homme coupable d'exécution de fouilles sans autorisation, de détention d'objets archéologiques, mais aussi de vente du produit de ces fouilles, même si on ne sait pas quels sont les objets concernés, ni pour quel montant. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis et 197 235 euros d'amende. Une somme "totalement disproportionnée", selon son avocat, mais basée sur une estimation de la valeur des biens retrouvés chez son client. Son épouse a, elle, été condamnée à une amende de 3 500 euros pour "complicité".

Quant à leur impressionnante collection, elle sera restituée au ministère de la Culture, qui s'était constitué partie civile dans ce dossier. Les objets devraient être exposés au musée de l'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines.

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