"Cruel", "un scandale absolu" : dans la Drôme, 240 enfants handicapés mentaux ne pourront pas faire leur rentrée

Il n'y a plus de place pour eux dans les quatre instituts médico-éducatifs de l'Adapei 26, l'Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales du département, selon nos confrères de France Bleu Drôme Ardèche.

Duncan pose fièrement avec un cartable, sans savoir quand il l\'utilisera vraiment.
Duncan pose fièrement avec un cartable, sans savoir quand il l'utilisera vraiment. (FRANCOIS BRETON / RADIOFRANCE)

Dans la Drôme, 240 enfants handicapés mentaux ne pourront pas faire leur rentrée dans un établissement spécialisé lundi rapporte jeudi 29 août France Bleu Drôme Ardèche. Il n'y a plus de place pour eux dans les quatre instituts médico-éducatifs (IME) de l'Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales (Adapei).

"On leur dit : 'Non, tu ne fais pas ta rentrée'"

Dans un premier décompte, l'Adapei de la Drôme avait estimé que 257 enfants handicapés seraient privés de rentrée, faute de place en IME, avant de mettre à jour son décompte. L'association, qui regroupe des parents et proches d'handicapés mentaux, dénonce un manque de moyens pour expliquer cette situation. "On leur dit 'Non tu ne fais pas ta rentrée', même si c'est la loi, déplore son président, Jean-Luc Chorier, sur France Bleu Drôme Ardèche. Il faudrait que l'on double nos effectifs pour pouvoir accueillir tous les élèves qui sont orientés vers nos IME mais on ne nous accorde pas les moyens pour prendre en charge ses enfants. C'est un scandale absolu !" 

Vendredi, Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, a vivement réagi et a assuré qu'aucun enfant n'est laissé pour compte. "Pas un seul enfant n'a pas de solution. Il faut arrêter d'instrumentaliser l'inquiétude des parents, c'est scandaleux." Mais pour les parents et l'Adapei, il ne s'agit que de solutions temporaires ou inadaptées, pas une prise en charge en IME. "Dans l'attente d'une prise en charge en établissements spécialisés, écrit le préfet de la Drôme dans un communiqué, vendredi, des solutions temporaires d'accompagnement en milieu scolaire ordinaire continuent d'être systématiquement proposées aux familles."

Parmi ces enfants qui attendent une place en IME, Duncan, 10 ans. Son père Jérémy Trechel est désespéré par cette situation : "Il a vraiment envie d'aller à l'école. Il a envie d'apprendre !", confie-t-il à France Bleu Drôme Ardèche.

Quand il voit sa sœur rentrer avec le cartable le vendredi heureuse de dire qu'elle est en vacances, notre fils nous regarde en pleurant parce que lui il n'a pas de vacances puisqu'il n'a pas école.Jeremy Trechelà France Bleu Drôme Ardèche

Face aux nombreuses questions de son fils, impatient de retrouver les bancs de l'école, Jérémy Trechel ment et lui assure qu'il fera "bientôt" sa rentrée. "On ne sait pas quelles réponses lui apporter pour ne pas le blesser... C'est cruel !", s'indigne-t-il. Pour alerter la population et dénoncer ce manque de moyens, l'Adapei 26 appelle à une manifestation samedi à Valence. Une pétition sera distribuée et une pyramide de cartables sera érigée devant la Fontaine monumentale.